Je cale mes écouteurs, fenêtre entrouverte, et le monde prend la température d’un club tendre. The Way To The Good Life n’est pas un simple set EDM : c’est une pédagogie du lien, écrite en kicks bien élevés et en mélodies qui refusent l’ironie. On devine les fantômes d’Avicii et les reflets de Kygo, la charpente house-pop à la Calvin Harris, l’obsession du drop lumineux des Swedish House Mafia, mais FREDRYD ne se cache pas derrière ses influences ; il les plie en un langage de premières fois, franc, direct, utilitaire. Son logiciel émotionnel : dynamique conservée, sidechain respirant, pianos ouverts, leads chantants, top-lines qui s’accrochent au cortex comme des bracelets fluo.
Piste par piste, je note cette science de l’ellipse — rien ne traîne, tout cogne juste. New Era/Scars Healed, miniature d’amorce, lustrée comme un prologue. Against All Odds (We Can Make It Together), premier vrai embrasement : basse élastique, clap en contretemps, drop fédérateur calibré pour les bras en l’air. Don’t Want To Be Alone No More replie la fête sur le cœur, piano-house et hook confessionnel en bandoulière. Conscience? ralentit, techno douce, filtres qui montent et redescendent comme une question qu’on se pose sans témoin.
Le disque ose aussi la sociologie punchline. The Downside of Your & Their Skepticism, Mistrust & Avoidance tranche au scalpel : hi-hats nerveux, kick sec, arrangement sans gras. Don’t Mind What They Say Or Think Of You renvoie la balle à la confiance, arpeggio solaire, refrain qui s’imprime. I Know We Don’t Know Each Other, But Deep Down We Have Things In Common – Remix condense la thèse : strangers, mais fréquence commune — compression soignée, punch contrôlé.
Vient la séquence de réalignement : Reconsider déroule une house de velours ; Changing Their Minds verrouille la détermination avec des builds courts, efficaces ; Take Me To The Places dessine l’horizon en panoramique stéréo. La pièce-titre The Way To The Good Life, soleil dans la poche, claque comme un polaroïd qu’on secoue : accords majeurs, topline candide, énergie qui privilégie la clarté à la démonstration.
Dernier acte, plus urgent. Horses of Freedom galope sur une basse en martingale ; Free From Obsessions – EDM Mix exorcise par la répétition — montée longue, chute propre ; Reconnection offre l’oxygène d’un interlude ambient-house ; Acquaintances, Common Strangers, Families And Friends (Are All One) affiche le manifeste en miniature, quasi choral ; Social Acceptance ferme la boucle, grand final qui tient autant du slogan inclusif que du drop euphorique.
Techniquement, c’est net : transitoires respectées, aigus polis (zéro fatigue), midrange dédié aux voix, bas du spectre tenu pour laisser bouger l’air. Artistiquement, c’est frontal : une foi simple dans la musique comme outil social. The Way To The Good Life réussit ce que tant d’albums de dance promettent sans livrer : transformer la piste en agora douce, où l’on réapprend à se regarder sans juger. Ce n’est pas de la naïveté ; c’est une méthode. Et à volume honnête, elle atteint son but.
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