Casablanca the Gawd n’est pas un rappeur de passage. C’est une cicatrice vivante du hip-hop, un survivant de Buffalo qui avance à contre-courant, avec la rage calme de ceux qui savent que leur voix n’a pas besoin d’artifices pour exister. A Selfish Prayer n’a rien d’un morceau tape-à-l’œil : c’est une pièce rugueuse, gravée dans la pierre du boom bap, où chaque mesure respire la sueur des battles, l’odeur du béton humide et la dignité des âmes cabossées.
On pourrait croire qu’après deux décennies à polir ses rimes, Casablanca jouerait la carte de la nostalgie. Mais non : il refuse d’être un musée ambulant du rap. À travers un flow précis, lentement martelé comme un marteau-piqueur dans la poitrine, il convoque le passé pour mieux répondre au présent. Les beats claquent secs, dépouillés, sans la moindre concession aux modes. Chaque boucle est un cercle fermé, oppressant, qui oblige à écouter les mots pour ce qu’ils sont : des leçons de vie, des prières murmurées dans la fumée des rues.
Le titre dit tout. A Selfish Prayer est une supplique tournée vers l’intérieur, un cri intime qu’il ose rendre public. Casablanca rappe non pas pour séduire, mais pour survivre. Il appelle ça du Grown Man Music : une musique qui n’a pas besoin de gimmicks, qui ne demande pas la validation d’un algorithme. Sa voix porte celle des hommes fatigués, des mères qui prient sans bruit, des gamins devenus adultes trop vite.
Là où l’industrie inonde les playlists de vernis et de fast-food sonore, Casablanca rappelle que le hip-hop peut encore être une discipline martiale, un art de la vérité nue. A Selfish Prayer n’est pas qu’un morceau, c’est un refus : celui de se taire, celui de céder. Et paradoxalement, dans cette prière égoïste, on entend l’écho universel de toute une génération qui cherche un sens, loin du bruit.
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