Il y a des morceaux qui se vivent comme une simple écoute, et d’autres qui deviennent une ascension, pierre après pierre, souffle après souffle. Cesta do hor (Cover) de CHANDOR appartient à cette deuxième catégorie. Derrière ses allures de trap hybride mâtinée de drill, le titre se déploie comme une route intérieure vers les hauteurs, une quête où chaque mesure traduit la difficulté, la sueur et la lumière qui perce au loin.
CHANDOR, figure émergente d’un hip-hop qui refuse le conformisme, injecte dans sa voix un mélange d’âpreté et de fragilité. Les kicks claquent comme des cailloux qui roulent sous les pas, la basse lourde agit comme une gravité constante, tandis que des nappes plus éthérées viennent ouvrir des percées d’air, comme ces moments de grâce qu’on trouve au détour d’un col. Le texte, volontairement ancré dans des émotions universelles – la joie, la perte, la fatigue, la tentation des mirages comme celui de la célébrité – dépasse le simple récit pour devenir une métaphore de nos propres parcours.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre entre le tranchant du drill et une dimension presque méditative. CHANDOR ne cherche pas à dominer par la violence du son, mais à faire ressentir l’effort, la résistance, la beauté parfois douloureuse d’avancer malgré tout. Cesta do hor devient ainsi une sorte de mantra urbain, un appel à trouver sa propre cadence dans le chaos.
Dans un paysage saturé de productions formatées, ce cover démontre qu’il est possible de faire de la trap un espace poétique, un territoire où l’intime et le collectif se rejoignent. Avec ce titre, CHANDOR ne propose pas une simple reprise, mais une réinvention : une route à prendre, même si elle est escarpée, parce qu’elle mène quelque part au-dessus du vacarme.
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