Pas d’intro sage, pas de préambule poli : Gay Boy s’ouvre comme une gifle sonore, un flash lumineux balancé au visage de la nuit. Henry Dell n’y cherche pas la séduction mais la collision, comme si chaque drop devait fissurer les murs des clubs et faire trembler le sol sous les corps. Le morceau, hybride mutin de house sombre et d’hyperpop abrasive, ne se contente pas de remplir un dancefloor : il le tord, le bouscule, le propulse dans une transe collective.
Les beats claquent avec la régularité brutale d’un marteau-piqueur tandis que des couches glitchées, saturées, se superposent comme un chaos soigneusement orchestré. La voix de Dell surgit dans ce tumulte avec une ironie guerrière : “reclaiming the name.” Plus qu’un refrain, c’est une morsure, un slogan scandé pour faire du stigmate une couronne. Le terme Gay Boy n’est plus une insulte mais une célébration, une étiquette redessinée dans la sueur, le bruit et la lumière.
Le morceau fonctionne comme une détonation politique autant que musicale. Dell prolonge la tradition des dancefloors queer — Chicago house, voguing balls, rave culture — mais l’accélère en la catapultant dans l’hyperpop, ce territoire où la distorsion et l’excès sont des manifestes. Là où beaucoup cherchent la mélodie fédératrice, lui impose la cacophonie libératrice.
Après dix millions de streams engrangés en collaborations et un premier single solo remarqué, Henry Dell s’installe dans une zone qui lui est propre : celle des artistes qui transforment la fête en acte de résistance. Gay Boy est un hymne brut, exalté, brutalement nécessaire. Pas seulement un banger : une revendication incarnée, un cri qui se danse.
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