Levy rappe avec l’accent d’ailleurs mais le cœur resté là-bas. Basé en Australie, il porte dans PVLL UP cette tension singulière des artistes délocalisés : une identité fragmentée, nourrie par l’éloignement, mais qui refuse de perdre son grain originel. Ici, pas de mimétisme du rap anglo-saxon environnant. Levy trace sa ligne, fine mais tenace, celle du hip-hop français à la croisée des classiques boom-bap et de la douceur lo-fi.
La prod est volontairement dépouillée, presque contemplative, comme si les boucles s’étaient érodées sous le soleil australien. Entre nappes chaudes et batterie feutrée, l’espace sonore s’ouvre pour accueillir un flow en clair-obscur, où l’arrogance tranquille du PVLL UP se mêle à la retenue du poète urbain. Loin des artifices de trap clinquante ou d’egotrip criard, Levy installe une intensité par l’économie : chaque mot pèse, chaque respiration résonne.
Ce qui frappe, c’est la manière dont PVLL UP condense deux univers a priori opposés. L’énergie revendicatrice du hip-hop classique – celle des cyphers, des samples poussiéreux, des beats new-yorkais – rencontre l’intimité nocturne du lo-fi, ce rap du casque, fait pour la chambre plus que pour l’arène. Levy fait dialoguer ces deux temporalités, créant une zone grise où la mélancolie devient combustible.
Rapper la France depuis l’autre bout du monde, c’est aussi affirmer qu’on ne s’efface pas. PVLL UP n’est pas un simple morceau, c’est une présence, un ancrage. Comme si, de Sydney à Marseille, de Melbourne à Paris, les ondes transportaient un même groove, immuable, qui refuse l’oubli. Levy s’y pose sans fard : frontal, mais jamais bruyant.
Pour découvrir plus de French nouveautés, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAFRENCH ci-dessous :
