Un souffle, une hésitation, un claquement sec d’ordinateur en surchauffe. miss my worst n’entre pas dans le salon de la pop par la grande porte, elle se faufile par les câbles, par les insomnies, par ce moment exact où la machine se fige et où l’on se voit, en miroir, planté devant son propre crash système. C’est là que melissageurts a choisi d’installer son premier vrai signal musical.
Le morceau avance à contre-courant : pas d’évidence mélodique, pas de clin d’œil radio-friendly, mais un terrain miné où la voix tremble, s’érige, puis se désintègre sous des glitchs volontaires et une électronique aux bords effilés. Tout est pensé pour ressembler à un bug, mais un bug qui raconte, un bug qui vit. La production dark pop joue sur la tension — à la fois froide et organique, intime et étrangère, comme une émotion que l’on croit étouffer mais qui revient par les failles.
On pourrait dire que melissageurts chante les décombres, mais ce serait réducteur. Elle les habite, les éclaire de l’intérieur, jusqu’à en faire un langage sonore. miss my worst n’est pas une complainte mais une esthétique du trop-plein : transformer le trop ressenti en matière brute, construire de la beauté à partir du crash.
En filigrane, l’artiste tisse déjà les obsessions de son album System Crash : ce besoin de traduire les états extrêmes avec l’aide des machines, comme si l’électronique pouvait enfin donner forme à ce que les mots n’arrivent plus à contenir. Une première frappe rare, à la fois personnelle et radicale, qui brouille les pistes mais laisse une empreinte claire : ici, on ne fabrique pas une chanson, on fabrique un vertige.
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