Il y a des morceaux qui avancent comme une vieille moto sur une route de campagne au crépuscule : cabossés, vibrants, un peu sauvages, mais portés par une force irrésistible. Momentum (Blanker’s Version) de Blanker a ce parfum-là. Un titre qui ne cherche pas l’éclat pop ni la séduction immédiate, mais qui s’installe dans la durée, dans cette poussée souterraine que seul le rock sait transformer en évidence.
La structure du morceau est taillée dans l’étoffe de l’indie et de l’alternatif, mais on y sent une veine blues, presque organique, qui donne de la profondeur aux riffs. Les guitares traînent leurs cordes comme des cicatrices, la batterie cogne avec une sécheresse qui rappelle les grands disques de garage, et la voix de Blanker, légèrement voilée, s’élève à mi-chemin entre confession et révolte. On est loin du rock surproduit : ici, chaque aspérité est volontaire, chaque grain sonore raconte quelque chose de vécu.
Ce qui rend Momentum si singulier, c’est cette impression de mouvement contenu. On sent une tension permanente, comme si le morceau allait déborder à tout moment, mais il reste toujours retenu par une ligne de basse grave, presque hypnotique, qui agit comme un fil d’Ariane. Cette dualité – urgence et retenue, chaos et contrôle – donne au titre sa puissance.
Dans une époque où l’indie rock se dilue parfois dans la facilité, Blanker choisit l’authenticité brute. Momentum (Blanker’s Version) ne cherche pas à plaire à tout le monde : il trace une route sinueuse, intime, à la fois ancrée dans l’héritage du blues et tournée vers les reliefs plus abrasifs de l’alternative. C’est un morceau qui se vit plus qu’il ne s’écoute, un cri discret mais entêtant qui s’installe longtemps après la dernière note.
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