Un morceau en deux temps, comme deux visages d’une même quête : voilà ce que propose Jordan Burgett avec medellín. D’un côté, une introspection boom bap aux rimes serrées, une plume qui cherche la vérité entre spiritualité et tentations modernes. De l’autre, une explosion trap, saturée de basses et d’énergie, où l’égo reprend le dessus, célébrant l’excès comme un rite. Le titre devient alors une fable rap contemporaine : l’éternel duel entre sagesse et vanité, transcendance et matérialisme.
La première partie séduit par sa densité. Flow incisif, bars ciselés, références spirituelles et métaphysiques s’entrecroisent avec une honnêteté brute. On y entend l’homme derrière l’artiste, en proie au doute, à la recherche de repères au milieu du chaos. Puis, sans prévenir, le morceau bascule : les kicks deviennent plus lourds, les hi-hats s’accélèrent, la prod se gonfle d’arrogance sonore. Là, c’est le rappeur qui prend le dessus, l’égo qui s’affirme, l’envie de croquer le monde quitte à en oublier la quête initiale.
Ce contraste est la véritable réussite de medellín. Plutôt que de choisir un camp, Burgett accepte la contradiction et en fait matière artistique. L’écoute oscille entre gravité et fun, profondeur et insouciance, comme une soirée où une discussion philosophique finit en débordement d’ego ivre. C’est à la fois perturbant et libérateur, et surtout terriblement humain.
Dans un paysage rap souvent polarisé entre conscience et démonstration, Jordan Burgett embrasse les deux. medellín n’est pas un simple track : c’est un miroir de nos propres tiraillements, mis en musique avec intensité. Une preuve que le hip-hop, même en flirtant avec l’éclectisme, peut encore raconter des histoires complexes sans perdre son groove.
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