Kenny Sharp n’écrit pas des chansons, il déploie des ambiances. Avec Amy, le natif de D.C. livre un titre qui semble sorti d’un vinyle Motown oublié, mais réinjecté dans un corps alt-pop lumineux, vibrant, calibré pour les foules autant que pour l’intime. C’est l’ADN de son projet Brown Liquor Music : une soul ivre de groove, mais toujours assez souple pour se métisser de funk, de rock et d’élans pop modernes.
Dès l’introduction, la couleur est donnée : cuivres rétro, basse ronde, un rythme qui chaloupe comme une marche de séduction. Sharp ne se contente pas de chanter, il performe. Sa voix – chaude, expansive, capable de murmurer comme de rugir – convoque à la fois James Brown et Morris Day, mais toujours avec ce twist contemporain qui l’empêche de sonner pastiche. Amy fonctionne comme une déclaration, à la fois amoureuse et musicale, où l’objet du désir devient prétexte à un déferlement de style et de charisme.
Ce qui rend le morceau irrésistible, c’est son double visage : d’un côté la nostalgie Motown, ses harmonies satinées et son groove chaleureux, de l’autre une patine alt-pop qui l’arrime au présent. On imagine ce titre résonner aussi bien dans un club intimiste que dans une grande salle où les refrains deviennent incantations collectives.
Sharp incarne à merveille ce pont générationnel : ex-rappeur conscient devenu entertainer flamboyant, il s’autorise désormais la flamboyance sans renier la profondeur. Amy est un morceau séducteur, certes, mais c’est aussi une leçon de style : la preuve que la soul, loin d’être figée dans ses mythes, peut se réinventer en 2025 sous des formes nouvelles, hybrides et universelles.
Avec Amy, Kenny Sharp ne signe pas qu’un single : il rappelle que la musique, quand elle est bien dosée, peut être à la fois rétro, moderne, et viscéralement humaine. Une invitation à céder au groove, sans condition.
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