Un battement sourd, presque inquiétant, se glisse dans les premières secondes de Lajan. On croit d’abord à une simple mise en tension, mais très vite, le morceau prend son envol : une mélodie spectrale, une rythmique qui claque sec, et l’impression d’entrer dans un club hanté où chaque beat agit comme un stroboscope. LoLo Darko, enfant de Brockton, signe avec ce single une déclaration esthétique autant qu’un titre de danse.
Ce qui frappe, c’est la manière dont il brouille les lignes. Lajan n’appartient ni tout à fait au hip-hop, ni totalement à la pop électronique, ni franchement au latin pop. C’est un hybride qui jongle avec les codes : des percussions qui font vibrer le sol, des flows hachés comme des lames, et cette atmosphère sombre, presque cinématographique, qui lui donne un souffle avant-gardiste. Loin du simple banger, Darko construit une ambiance : une salle close où l’on oscille entre l’envie de danser et le frisson d’un danger imminent.
On retrouve dans son approche une volonté de détourner l’énergie festive pour la plonger dans l’ombre. Le morceau a des allures de rituel urbain : hypnotique, nerveux, presque tribal par moments. Mais il garde cette efficacité pop immédiate, ce sens du hook qui s’imprime après une seule écoute. C’est ce mélange d’expérimental et d’accessible qui rend Lajan si singulier.
LoLo Darko, déjà remarqué pour son esthétique affûtée et son sens du style, confirme qu’il ne cherche pas à suivre les tendances : il les tord à son image. Avec Lajan, il propose une vision où le hip-hop n’est plus seulement une affaire de paroles ou de flow, mais une matière brute, malléable, qui peut devenir danse macabre ou fête électrique.
En clair, Lajan est moins un single qu’un manifeste. Une preuve que dans le vacarme actuel, il reste possible d’imposer une identité sonore radicale, sombre et excitante à la fois.
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