Le titre a des allures de menace douce, comme ces panneaux lumineux qui clignotent sans relâche dans une rue vide. Bad Dreams ne cherche pas la caresse, mais l’hypnose. Katie Belle y installe une atmosphère de nuit blanche, entre tension et abandon, où les synthés dessinent un labyrinthe froid et sa voix fragile se fraie un passage, comme si elle refusait de se laisser engloutir.
Coécrit et produit avec Fabio Campedelli à Los Angeles, le morceau s’inscrit dans la lignée de Cigarette, mais il creuse un sillon plus sombre, presque claustrophobe. Les nappes électroniques enveloppent l’auditeur d’une brume métallique, pendant que le beat, précis et mécanique, impose un rythme impossible à fuir. La voix de Katie, aérienne, devient alors le seul élément organique : une lueur au milieu des machines.
Ce contraste entre chaleur humaine et froideur synthétique fait toute la force de Bad Dreams. On y retrouve le goût assumé de Katie pour les années 80 — synthés vaporeux, batterie électronique, fade-out nostalgique — mais aussi une volonté d’aller au-delà de la simple citation rétro. Le morceau n’est pas un hommage, mais une réécriture : transformer l’angoisse des nuits d’insomnie en matière dansante, exorciser les pensées qui tournent en rond par une boucle hypnotique.
Après West Coast, qui offrait une carte postale solaire de Los Angeles, et Cigarette, souvenir éthéré d’amours consumées, Katie Belle montre avec Bad Dreams une autre facette : plus sombre, plus intérieure, mais tout aussi accrocheuse. En attendant l’EP People Pleaser, prévu pour la fin d’année, elle confirme qu’elle construit patiemment un univers où chaque titre est une pièce d’un puzzle émotionnel — parfois éclatant, parfois fragile, toujours singulier.
Un morceau à écouter comme on se perd dans une nuit trop longue : les yeux ouverts, bercé par la lumière artificielle, incapable de décrocher.
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