On imagine T.O. enregistrant ce morceau à la tombée du jour, quand la chaleur d’Atlanta redescend enfin et que le souffle du jazz s’invite par la fenêtre entrouverte. Haters Live Long n’est pas construit pour enflammer TikTok en quinze secondes, mais pour s’installer comme un vieux vinyle qu’on retourne sans cesse, une boucle qu’on choisit d’habiter.
Le beat respire l’âge d’or du boom bap, avec ce sample jazz qui s’étire paresseusement, presque comme un pianiste ivre qui se serait endormi sur son clavier. Par-dessus, T.O. ne cherche jamais la virtuosité gratuite : son flow glisse, tranquille, porté par une assurance que seuls dix ans de persévérance artistique peuvent offrir. C’est une écriture sobre, mais précise, qui frappe par sa lucidité et par le refus de se laisser dicter le tempo par le vacarme extérieur.
Il y a dans ce titre une nostalgie assumée, mais jamais passéiste. Le grain de la voix, le choix des textures, rappellent l’élégance d’un Nas ou d’un Guru, mais filtrée par la réalité du Sud américain d’aujourd’hui : trap clubs à deux pas des cafés jazz, jeunes rappeurs obsédés par les vues YouTube, et T.O. qui prend le contre-pied, choisissant la lenteur comme une arme.
Haters Live Long se déguste comme un cigare oublié sur un balcon de nuit : il ne brûle pas vite, il s’installe, et au lieu d’exploser, il infuse. Un morceau pour ceux qui savent encore écouter entre les notes, pour ceux qui trouvent dans la retenue une autre forme de puissance.
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