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Music Pop Rock

The Manor Born nous fait vibrer sur l’EP « see you next year »

The Manor Born nous fait vibrer sur l’EP « see you next year »
  • Publishedseptembre 17, 2025

On imagine la scène : un musicien enfermé dans la chambre d’ami de sa mère, à Bullhead City, Arizona, entre un ordinateur qui crache Logic pour la première fois et les interruptions familières de la cuisine. C’est dans ce décor presque banal, saturé de souvenirs d’adolescence et de chaleur du désert, que see you next year a pris forme. Ce qui aurait pu ressembler à une parenthèse domestique s’est transformé en acte de rébellion intime : quitter un job de bureau, tourner le dos à l’inertie, et renouer avec la seule vérité qui vaille – la musique.

L’EP transpire cette urgence. Dès too late too bad, on est happé par une énergie brute qui rappelle les éclats du post-punk revival, une nervosité électrique héritée des premières nuits passées à écouter Bloc Party au casque, allongé sur un futon trop étroit. La guitare taille des lignes sèches, la rythmique cogne comme un cœur sous adrénaline, et la voix semble toujours sur le point de basculer entre la rage et le désespoir.

Puis vient good goals, condensé d’ironie douce-amère : derrière son allure d’hymne indie se cache un constat lucide sur les ambitions déçues, les promesses non tenues. C’est une chanson qui sonne comme une conversation avortée avec son moi de 16 ans, celui qui rêvait de gloire avant que la vie ne vienne mettre des bâtons dans les cordes de guitare.

Plus loin, opportunities foreclosed déploie une atmosphère plus sombre, un mantra répétitif où chaque riff ressemble à une porte claquée au visage. leaves au contraire s’offre comme un souffle mélancolique, presque contemplatif, où l’ombre du désert et l’odeur des souvenirs de petite ville filtrent entre les notes. La pièce maîtresse, see you next year, agit comme un miroir tendu : titre-programme et aveu d’errance, il cristallise cette idée de recommencement perpétuel, d’un futur toujours remis à demain. Enfin, slang for drugs lâche son venin : abrasif, caustique, à la frontière entre confession et satire, comme si l’EP refusait de se clore sur une note conciliante.

Ce disque n’a rien de poli ni d’aseptisé. Il respire l’autoproduction, avec ses rugosités et ses fulgurances, et c’est précisément ce qui le rend si nécessaire. The Manor Born signe ici non seulement un retour après onze ans de silence, mais une déclaration de survie artistique : enregistrer dans la chambre d’ami, c’est aussi prouver qu’on peut construire un monde sonore entier avec une mémoire, une guitare et l’entêtement de ne pas lâcher.

see you next year n’est pas seulement un EP, c’est un testament de persistance. Une poignée de morceaux tendus comme des nerfs, où chaque note dit : j’ai refusé la résignation, et j’ai choisi de transformer l’ordinaire en cri.

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Written By
Extravafrench

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