On reconnaît tout de suite la griffe de BIGG BAGGZ : une manière de transformer la rugosité du trap en terrain de fête, d’y glisser des clins d’œil malicieux sans jamais perdre la lourdeur des kicks ni l’assise d’une 808 bien gonflée. My Biggest Fan joue sur cette frontière subtile entre affirmation de soi et autodérision, comme si l’artiste racontait l’obsession de ceux qui le suivent tout en se moquant doucement de sa propre image, transformée en icône de quartier.
Derrière le côté “fun bop” revendiqué, on sent une science du rythme héritée de ses racines. Grandir entre un grand-père DJ et une mère qui chantait à l’église, ça laisse des traces : le morceau pulse comme une soirée de club mais respire comme un gospel revisité. Les couplets frappent sec, avec un flow qui slalome entre arrogance et sourire complice, avant que le refrain ne relâche la tension dans une boucle accrocheuse, calibrée pour coller en tête bien après l’écoute.
Ce qui est malin, c’est la façon dont BIGG BAGGZ détourne les codes. Là où beaucoup de tracks de trap se contentent d’empiler des clichés d’opulence ou de violence, lui injecte un esprit joueur, presque fédérateur. On entend qu’il a côtoyé de grands noms de la scène — de DaBaby à Project Pat — mais il garde cette énergie DIY, brute et colorée, propre à ceux qui ont appris la musique en observant la foule réagir derrière les platines familiales.
My Biggest Fan n’est pas une démonstration technique, c’est un morceau pensé comme un moment collectif. Le genre de track qui fait sourire au premier couplet, qui fait hocher la tête au deuxième, et qui, sans prévenir, devient l’hymne d’un after qui se prolonge trop longtemps. BIGG BAGGZ prouve qu’on peut être sérieux dans son art tout en refusant de se prendre trop au sérieux : et c’est peut-être là le secret de sa longévité.
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