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Wallfella a craqué pour la Blonde in the Black Dress

Wallfella a craqué pour la Blonde in the Black Dress
  • Publishedseptembre 21, 2025

Dans un pub de Dublin, au milieu des éclats de voix et des verres qui s’entrechoquent, Wallfella a trouvé sa métaphore. Blonde in the Black Dress n’est pas qu’un hommage à la pinte de Guinness — c’est le portrait d’une tentation universelle, une muse insaisissable qui se drape dans la soie noire du désir, mi-réconfort, mi-poison. La chanson, troisième extrait de son futur EP The Coop is Full, prend des airs de confession déguisée, où l’ivresse n’est jamais seulement dans le verre mais dans ce que l’on cherche à fuir ou à prolonger.

Le morceau s’ouvre sur une ligne de basse moelleuse, presque féline, qui se love autour de la batterie swing et des guitares légèrement bluesy. Odd Numbers, producteur de toujours, orchestre un espace sonore où le groove fonctionne comme un piège à miel : lumineux à la surface, mais lesté d’une gravité subtile. La voix de Wallfella flotte au-dessus, entre rap articulé et phrasés mi-chantés, offrant à chaque syllabe la densité d’un vécu. On pense à Saba pour la précision du flow, à Loyle Carner pour cette intimité chaleureuse, à Anderson .Paak pour la façon dont le funk sert d’écrin à une vérité brute.

Mais ici, c’est Dublin qui parle. On entend dans chaque mot le poids d’une culture ouvrière, l’écho des immeubles de O’Devaney Gardens, les contradictions d’une ville partagée entre le charme des rituels et la morsure des excès. La « blonde » du titre devient le double d’un amour trompeur : séduisant, social, mais capable de vous avaler entier. Wallfella, fidèle à son écriture sans détour, ne moralise pas ; il observe, il personnifie, il laisse planer l’ambiguïté. La chanson est autant un toast qu’un avertissement.

Ce qui frappe, c’est la maturité du geste. Après une année de silence choisie pour se recentrer, l’artiste revient avec un son plus précis, plus affûté. Blonde in the Black Dress ne se contente pas de séduire par ses arrangements chaleureux : elle soulève la question de la frontière entre réconfort et dépendance, entre muse et mirage.

Dans ce morceau, Wallfella s’installe parmi les voix les plus fines du hip-hop européen actuel, capable d’enrober la dureté des réalités sociales dans une écriture poétique et sensuelle. Une pinte personnifiée en amante fatale ? C’est le genre de métaphore qu’il fallait oser, et Wallfella l’élève en rituel sonore — une danse trouble entre plaisir et vertige.

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Written By
Extravafrench

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