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Music Rock

Borderline nous a touché avec Bordeline : Chaos at the Border

Borderline nous a touché avec Bordeline : Chaos at the Border
  • Publishedseptembre 24, 2025

La première écoute de Bordeline : Chaos at the Border laisse une impression de feu contenu, de colère qui gronde et refuse de se dissiper. Plus qu’une chanson, c’est une cicatrice mise en musique, une mémoire ravivée au moment où certains voudraient la gommer. Patrick Costello et son Knabokov Collective ne cherchent pas à séduire, encore moins à enjoliver. Ils tendent un miroir, brutal, sans fard, à un monde qui préfère détourner le regard quand les barbelés remplacent les horizons.

Ce qui frappe d’abord, c’est cette manière de sculpter la matière sonore comme on érige une barricade. Les guitares tranchent l’air avec la même dureté qu’un projecteur de frontière dans la nuit, les percussions roulent comme un pas cadencé de militaires, et la voix, tendue, se cabre à la limite de la rupture. On n’entend pas une performance : on assiste à une déflagration. Tout est pensé pour que l’auditeur ressente physiquement la violence dénoncée – les coups d’État téléguidés, les familles arrachées à leurs terres, les migrants repoussés à coups de gaz et de murs.

La force de ce morceau réside aussi dans sa capacité à conjuguer mémoire et présent. En convoquant le Honduras de 2009, Bordeline : Chaos at the Border refuse la lecture superficielle des drames migratoires, ces récits réduits à des chiffres et à des clichés. La chanson recontextualise : si des milliers de personnes prennent la route vers le Nord, c’est aussi parce que les grandes puissances ont semé, décennie après décennie, des graines de violence et d’instabilité. L’Amérique se construit sur les immigrants, mais ferme ses portes dès qu’ils rappellent le prix de son empire.

Et puis, au-delà du discours, il y a ce paradoxe esthétique : une musique rugueuse mais étrangement galvanisante, un clip multi-récompensé qui mêle poésie visuelle et brutalité documentaire. On en sort lessivé, mais avec l’impression que quelque chose d’indispensable vient d’être dit.

Bordeline : Chaos at the Border est moins une chanson qu’un manifeste incandescent. Un rappel que l’art, quand il s’ancre dans la vérité des luttes, peut encore être une arme. Une arme qui ne tue pas, mais qui force à écouter.

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Extravafrench

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