Écouter Don’t Ever Stop revient à entrer dans une pièce où l’air lui-même semble vibrer différemment. Ce n’est pas un simple morceau, mais une expérience de transmutation sonore : un violoncelle qui se dresse comme une colonne vertébrale d’émotions et des textures électroniques qui s’entrelacent, parfois tendres, parfois acérées, jusqu’à former une architecture à la fois fragile et monumentale.
SAMBOX, passé de la clarinette à la production électronique comme on traverse un miroir, n’a jamais perdu le goût de la précision ni la rigueur d’un souffle instrumental. Il a choisi d’ajouter à son arsenal un piano appris en autodidacte, puis la liberté sans limite des machines. De son côté, Anita Barbereau, après des décennies passées à faire trembler les plus grandes salles sous l’égide de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, a tout quitté pour se jeter dans le vide de la composition. Son violoncelle porte encore les résonances des symphonies, mais désormais il s’avance nu, charnel, mis en tension avec des nappes électroniques qui refusent de rester sages.
Ce qui fascine dans Don’t Ever Stop, c’est l’équilibre improbable qu’ils parviennent à maintenir. Le morceau pourrait être une collision, il choisit d’être une fusion. Chaque motif électronique semble caresser ou heurter la ligne du violoncelle, comme deux corps qui dansent sans jamais perdre le contact. La production est limpide mais jamais clinique : elle conserve un grain, une aspérité qui rappelle que la beauté naît souvent de l’imperfection assumée.
On pense à des paysages cinématographiques, à la lente montée d’une scène de Tarkovski ou aux éblouissements d’un Richter, mais ce duo impose sa propre grammaire. Ni néo-classique, ni purement électronique, Don’t Ever Stop s’inscrit dans cette zone grise où l’innovation devient langage intime. Un morceau qui ne cherche pas à séduire par la facilité mais à ensorceler par la profondeur.
C’est un titre qui reste dans le corps bien après sa fin, comme une lumière résiduelle sur la rétine. Un rappel que la musique la plus puissante n’est pas celle qui suit les tendances, mais celle qui ose un dialogue sincère entre héritage et désir de rupture. SAMBOX et Anita Barbereau, en conjuguant discipline et abandon, signent là un manifeste : la musique ne s’arrête jamais, elle se réinvente.
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