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Music Pop Rock

Powers of the Monk nous plonge dans Bread & Circuses

Powers of the Monk nous plonge dans Bread & Circuses
  • Publishedseptembre 25, 2025

On dirait un cauchemar baroque sorti d’un cerveau en fièvre : un patient schizophrène imagine s’échapper de son unité psychiatrique, traverser un cirque halluciné, et voir les lions dévorer les clowns. Voilà le décor que Powers of the Monk plante dans Bread & Circuses, morceau délirant, théâtral et pourtant terriblement lucide sur nos sociétés qui préfèrent l’anesthésie spectaculaire à la vérité crue.

David S. Monk et CasSondra “Pontiac” Powers, le duo au cœur du projet, n’ont pas peur de transformer le chaos mental en fresque sonore. Leur musique oscille entre un rock rugueux aux guitares charbonneuses et des nappes plus atmosphériques, où les sons de couloirs d’hôpital, de moniteurs cardiaques ou d’avion au décollage viennent se greffer comme des parasites auditifs. Ce n’est pas un simple morceau : c’est une expérience sensorielle, un passage dans la tête d’un narrateur fissuré.

Le travail de production, épaulé par le batteur invité John O’Reilly Jr., est d’une richesse obsessionnelle. Quinze pistes de batterie, couches de voix désespérées ou sarcastiques, samples de rugissements de lions et gongs finaux : chaque détail contribue à transformer le délire en un opéra rock miniature. La voix de Monk, volontairement éraillée et “imparfaite”, colle à la peau de ce personnage schizophrène, entre murmure inquiétant et cri de révolte. À ses côtés, CasSondra injecte un contrepoint vocal spectral, presque liturgique, qui donne une dimension sacrée à l’absurde.

La force du titre ne réside pas uniquement dans son étrangeté narrative. Derrière le spectacle grotesque — des clowns dévorés, des plans ourdis par des hallucinations numérotées — se cache une métaphore politique grinçante. Rome est sur le point de tomber, dit le texte, et nous, spectateurs modernes, nous contentons de “pain et de jeux”, anesthésiés par nos écrans et nos distractions, incapables de voir les barreaux de nos propres cages.

Bread & Circuses est une chanson sur la schizophrénie, mais aussi sur la nôtre : celle d’un monde qui se gave de divertissements pendant que le feu gronde. Un morceau dérangeant, inventif, fascinant, où Powers of the Monk prouve qu’ils savent transformer l’ombre en un cirque flamboyant — et que parfois, la folie dit la vérité mieux que la raison.

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Extravafrench

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