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French Music Rap

Écrire aux fantômes et rapper l’absence : Lartson nous envoie une « Carte postale » :

Écrire aux fantômes et rapper l’absence : Lartson nous envoie une « Carte postale » :
  • Publishedseptembre 26, 2025

On croit d’abord lire une simple adresse, une « carte postale » envoyée à l’autre bout du monde. Mais très vite, le morceau de Lartson se révèle être bien plus qu’un souvenir de voyage : c’est une lettre ouverte à quelqu’un qui ne répondra plus. Une tentative fragile de maintenir le lien après la perte, de parler encore à la voix qui s’est tue.

Le deuil en rap n’est jamais un exercice gratuit : il impose une mise à nu, une sincérité brute qui ne laisse pas place aux artifices. Ici, Lartson trouve ce juste équilibre entre pudeur et douleur, en racontant la disparition comme on raconte une ville qui s’éteint au crépuscule. La prod, minimaliste et spectrale, installe une atmosphère suspendue, presque cinématographique. On perçoit des ombres, des silences plus éloquents que n’importe quel cri.

Le flow de Lartson se déploie comme un souffle irrégulier, parfois heurté, parfois apaisé, traduisant l’instabilité d’un cœur qui vacille entre colère, résignation et tendresse. Le texte oscille entre souvenirs précis – comme des clichés qu’on sort d’une boîte à chaussures – et réflexions universelles sur ce que signifie survivre à l’absence. La « carte postale » devient alors une métaphore bouleversante : un message adressé à l’au-delà, une trace matérielle pour dire l’indicible.

Ce qui frappe, c’est la manière dont Lartson refuse le pathos facile. Son écriture privilégie l’évocation, les images qui collent à la peau plutôt que les slogans. On est plus proche d’un carnet intime griffonné à la lueur d’une lampe que d’un manifeste crié dans la rue. Et c’est précisément cette retenue qui rend Carte postale si percutant : la douleur est là, palpable, mais elle est travaillée, sculptée par la poésie du rap.

Avec ce morceau, Lartson s’inscrit dans la lignée de ces artistes qui utilisent le hip-hop comme médium de mémoire et de transmission. Carte postale ne cherche pas seulement à faire ressentir la perte : il tente de prolonger la présence de l’absent, d’ériger la musique en sanctuaire. Et lorsqu’arrive le dernier couplet, on comprend qu’il ne s’agit pas de fermer une plaie, mais d’apprendre à vivre avec l’ombre qui accompagne désormais la lumière.

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Written By
Extravafrench

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