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Music Rap

FatBoyJonesy et Michael Christmas sont postés sur le « Skid Row »

FatBoyJonesy et Michael Christmas sont postés sur le « Skid Row »
  • Publishedoctobre 7, 2025

Dans Skid Row, FatBoyJonesy fait du bitume une toile de velours. Derrière le titre qui évoque la crasse et la déchéance, le rappeur du Connecticut construit un morceau d’une élégance rare — un hymne à la débrouille, à la fierté de ceux qui ne doivent leur éclat qu’à leur propre ombre. La prod, cousue main, respire la précision du sample-chasseur : un groove soyeux, des drums secs comme la poussière d’un vieux MPC, et ce piano rétro qui tourne en boucle, comme un souvenir qu’on ne veut pas effacer.

Jonesy rappe avec un détachement plein de classe, ce ton mi-fatigué mi-victorieux propre à ceux qui ont tout vu mais refusent encore de baisser les yeux. Il ne rappe pas pour impressionner — il raconte, il flotte. Sa voix roule sur la mesure comme une Cadillac sur une autoroute vide à trois heures du matin. Et puis, au détour d’un couplet, Michael Christmas entre en scène, un sourire dans le flow, la désinvolture d’un mec qui sait que l’humour peut être une arme aussi puissante que la douleur. Leur duo, improbable sur le papier, fonctionne à la perfection : Jonesy trace la ligne, Christmas la colore.

Ce qui frappe dans Skid Row, c’est la dualité. Le texte parle d’ascension, mais les images sont sales, pleines de cicatrices. C’est le luxe des perdants magnifiques : parler de champagne en ayant encore la poussière des docks sur les baskets. Il y a chez FatBoyJonesy cette alchimie à la Freddie Gibbs ou à la Boldy James — un sens du détail, une tendresse dans le vice, une poésie du quotidien qui rend la rue presque romantique.

Dans le fond, Skid Row n’est pas un banger, c’est un état d’esprit. Le morceau suinte la maîtrise, la patience, la conscience du temps. Pas de gimmicks, pas de surjeu. Juste deux artisans du verbe qui sculptent le réel en beats et en punchlines. Et au milieu de ce flow de fumée et de lumière, une idée plane : la victoire n’est pas toujours d’avoir réussi — parfois, c’est juste d’avoir survécu avec style.

Avec Skid Row, FatBoyJonesy signe une leçon de cool et de conscience. Une démonstration que la vraie richesse, c’est de transformer sa galère en groove.

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Written By
Extravafrench

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