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Music Rap

NIKOTUNES sur « Need Me » ou le miroir trouble d’une ascension intérieure

NIKOTUNES sur « Need Me » ou le miroir trouble d’une ascension intérieure
  • Publishedoctobre 11, 2025

La première fois que j’ai entendu Need Me, j’ai eu cette impression étrange d’écouter quelqu’un en train de se sauver lui-même, micro à la main. Ce n’est pas un morceau de bravade, encore moins un hymne à la réussite. C’est le son d’un homme qui s’observe tomber, puis se relève avec une pudeur désarmante, comme si sa propre voix devenait le seul repère dans la tempête.

NIKOTUNES façonne sa musique à la manière d’un artisan du chaos : il prend la matière brute – ses dérives, ses excès, ses mauvaises décisions – et la polit jusqu’à en faire une confession élégante. Need Me ne s’écoute pas, il se traverse. La production, d’une sobriété presque clinique, repose sur un beat trap minimaliste où chaque 808 semble battre à la place d’un cœur. Et sur ce canevas, sa voix s’étire, élastique, tantôt chantée, tantôt rappée, glissant entre les silences comme une pensée qui refuse de mourir.

Ce qu’il raconte est simple, presque banal dans sa vérité : les cycles d’autodestruction, les soirs où survivre coûte plus cher que vivre. Mais derrière cette noirceur, une lucidité éclatante. NIKOTUNES ne s’apitoie pas, il se redéfinit. On perçoit dans ses couplets cette fatigue du corps qui veut encore croire, cette lente mutation de la culpabilité en espoir. Il y a quelque chose de profondément spirituel dans sa manière de se livrer : il parle de la rue, de la survie, de la tentation, mais tout devient métaphore d’un combat intérieur.

Ce qui me touche le plus, c’est son rapport au hasard. Le hook, freestylé presque par accident, devient le cœur battant du morceau. Une improvisation née de la lassitude et de l’urgence, capturant cet instant fragile où la sincérité prime sur la technique. On sent que tout ce qui est imparfait ici est volontairement laissé brut – parce que la beauté, chez NIKOTUNES, réside dans la vérité nue.

Need Me est un cri retenu, celui d’un homme qui ne veut plus impressionner mais comprendre. Un rap introspectif et sensoriel, suspendu entre l’ombre et la lumière, qui ne choisit pas un camp parce qu’il a compris que les deux coexistent. C’est la bande-son d’un retour à soi, un morceau à la fois blessé et lumineux, comme un cœur qui bat contre la vitre du monde.

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Written By
Extravafrench

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