On reconnaît immédiatement ce genre de production qui n’appartient à personne et à tout le monde à la fois. NEW SOUND ne cherche pas à être un hymne, encore moins à plaire. Il s’installe dans le système nerveux comme une intuition – la certitude que quelque chose de neuf, de plus brut, de plus instinctif, vient de se glisser entre deux beats. Ce n’est pas une révolution tapageuse, mais un déplacement subtil du centre de gravité du hip-hop britannique vers une zone plus libre, plus sensorielle, presque cinétique.
Habits travaille la texture du son comme un plasticien. L’absence de paroles devient ici un espace de respiration, un terrain d’expérimentation pur. Chaque élément – la basse claquante, les kicks qui tombent comme des pierres dans un lac sombre, la nappe électronique en arrière-plan – construit une architecture sonore où la tension devient la mélodie. On pourrait presque parler de sculpture rythmique. Le morceau avance par strates : un groove qui surgit, un silence qui avale tout, une montée qui s’interrompt juste avant la transe. Rien n’est laissé au hasard, et pourtant tout semble improvisé, comme si la machine elle-même hésitait entre le chaos et la clarté.
Ce qui fascine chez Habits, c’est cette manière de traduire l’énergie du hip-hop sans en reprendre les codes frontaux. Ici, pas de flow pour guider l’écoute, seulement une tension continue entre ombre et lumière, entre underground et ambition pop. NEW SOUND n’est pas une démonstration de force, mais de précision. Le beat ne frappe pas : il hypnotise. On pense à la froideur maîtrisée de Fred again.., à la physicalité d’un slowthai sans mots, à la mélancolie mécanique d’un Burial qui aurait troqué la pluie pour un stroboscope.
Le titre porte bien son nom : NEW SOUND, c’est la promesse tenue d’un futur en mutation, où l’émotion circule par les fréquences plutôt que par les voix. Dans un paysage saturé de storytelling et d’ego, Habits choisit le minimalisme comme manifeste. Ce n’est plus du rap, ni de l’électro : c’est un état. Une pulsation qui traverse les genres, les étiquettes et les nuits blanches. Une œuvre instrumentale qui ne parle pas, mais qui dit tout.
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