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Music Rock

RedLight sur « Homeworks » : le rock à mains nues, forgé dans la poussière du Rove

RedLight sur « Homeworks » : le rock à mains nues, forgé dans la poussière du Rove
  • Publishedoctobre 15, 2025

C’est un disque qui sent le sel, la rouille et le larsen. Homeworks de RedLight n’a pas été conçu dans un laboratoire numérique ou une cabine aseptisée. On devine les murs qui transpirent, la table de mixage qui grésille, la guitare qu’on réaccorde entre deux prises. C’est un album qui respire l’huile de coude et la sincérité — une œuvre artisanale, née dans les collines du Rove, quelque part entre la mer et la fureur.

RedLight, c’est un quatuor marseillais qui avance à contre-courant depuis près de vingt ans. Dapé, Londres, Guy et Seb ne cherchent pas la modernité : ils la réinventent à partir des éclats du passé. Leur musique porte les stigmates d’une adolescence bercée par Pearl Jam et The Cure, mais ils la tordent, la dépoussièrent, la saturent jusqu’à lui rendre sa chair. Dans Homeworks, on entend le rock se débattre avec lui-même, tiraillé entre la mélodie et la rage, l’intime et le collectif, l’élan et le souvenir.

Hold On ouvre le disque comme une gifle bienveillante — un cri d’endurance, une morsure de guitare qui plante le décor : celui d’un rock qui ne lâche pas, même quand le monde s’effondre autour. Puis As Always s’invite avec sa nostalgie dorée, presque amoureuse, un refrain qui semble flotter au-dessus des toits d’une ville endormie. Idea of Mine, plus court, pulse comme une étincelle, brutale et sans détour, un morceau d’instinct pur qui rappelle que le groupe sait encore écrire des hymnes.

Mais la beauté du disque, elle, se niche dans les interstices : Like the Poet où Londres chante avec la fragilité d’un type qui n’a plus peur d’être tendre, Lonely Dog qui rampe dans la mélancolie sans jamais s’y noyer, ou Spiderbed and a Crime, morceau-monstre où la guitare semble saigner sous le poids du silence. Et puis, soudain, Les dérives, en français — une claque douce, presque chuchotée, comme si RedLight osait enfin se regarder dans le miroir.

L’album se clôt sur Turn Around, ballade de sortie au goût de réconciliation, comme si le groupe signait un pacte avec lui-même : continuer, encore, parce que le feu brûle toujours.

Homeworks n’est pas un simple retour du rock, c’est une réappropriation. Une façon de prouver que ce genre, souvent jugé moribond, peut encore battre s’il est fait avec des mains calleuses et des cœurs vulnérables. Chez RedLight, l’électricité n’est pas une posture : c’est une pulsation vitale, une manière de rester debout face au vacarme du monde. Ce disque, c’est du travail à la main, à la foi, au souffle. Et il nous rappelle une vérité essentielle : le rock n’a jamais eu besoin d’artifice, seulement d’âmes qui osent se brûler.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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