Il y a dans Every Day’s a Saturday une ironie lumineuse, ce genre de mélancolie sucrée que seuls les bons faiseurs d’indie rock savent rendre dansante. Ian McFarland transforme la routine en hymne, le burn-out en ballade estivale, le désenchantement en feu d’artifice lo-fi. C’est un morceau qui donne envie de rouler sans destination, vitres ouvertes, en chantant trop fort pour oublier qu’on tourne en rond.
Sous son vernis solaire et son refrain de stade (“Every day’s a Saturday when the world’s on fire again”), le morceau cache un regard lucide sur le monde moderne : la joie factice des scrolls infinis, l’épuisement tranquille des corps jeunes, l’envie de se sentir vivant dans un décor qui brûle. McFarland s’amuse à tordre le cliché du cool pour en faire une confession douce-amère. Ses guitares claquent comme des photos Polaroid, ses lignes de basse avancent en pas feutrés, et sa voix — entre le sourire et la lassitude — navigue dans cette zone grise où l’ivresse et la lucidité se frôlent sans se confondre.
Il y a du Strokes dans la désinvolture, du Mac DeMarco dans la nonchalance, mais Ian McFarland garde sa propre touche : un sens du storytelling presque cinématographique. On le sent plus auteur que poseur. Every Day’s a Saturday ne cherche pas à séduire, il capture. L’instant, la répétition, le goût du banal élevé au rang d’émotion.
Ce qu’on retient surtout, c’est cette impression de familiarité troublante : la chanson semble déjà exister quelque part dans nos souvenirs — une soirée d’été, un bar en sous-sol, une cigarette qui s’éteint dans un verre de bière tiède. Et pourtant, tout sonne neuf.
McFarland signe ici une pièce de pop garage déguisée en hymne générationnel, où la fatigue devient groove, et la lucidité, un moteur. Un titre qui se fredonne en boucle, comme un mantra pour survivre à l’époque : si tout s’écroule, autant danser dessus.
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