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Music Rock

Calling All Astronauts est en mode “Time To Party”

Calling All Astronauts est en mode “Time To Party”
  • Publishedoctobre 24, 2025

“Time To Party” mord la nuque, plante le tempo dans la colonne, puis refaçonne la pièce comme une manif qui aurait appris la chorégraphie. Pas un simple banger : un dispositif. Le trio londonien mixe électrochocs electro, nerf post-punk, dents d’industrial metal et propulsion DnB pour fabriquer un accélérateur de particules humaines. À l’écoute, le corps comprend avant la tête ; une seconde plus tard, tout le monde court dans la même direction.

La mécanique est redoutable. Grosse caisse au marteau-piqueur, caisse claire chicotée en double-time, charleys pressés façon huile sur tôle chaude : la charpente Drum & Bass ne sert pas de décor, c’est l’ossature. Dessus, un reese grondant strié de phasing racle le bas-médium, pendant que les guitares saturées — harmoniques parasites, palm-mutes qui fument — dressent un mur mouvant quelque part entre la scie de rave et la ferraille indus. Les synthés rasent le cadre, filtres agressifs ouverts/fermés au millimètre, sidechain en apnée maîtrisée ; dans les creux, des amens coupés au scalpel relancent la battue juste quand la sueur menace de réfléchir. Mix lisible malgré la masse : chaque impact tombe compté, chaque silence sert d’élastique.

Au micro, la voix ne quémande pas l’adhésion ; elle l’ordonne avec un grain légèrement cisaillé, compressé serré, delays courts taillés pour la rampe. Les slogans deviennent des gestes, les gestes deviennent des sections : couplets en chasse, pré-refrain qui aspire l’air, drop guillotine, relance au plafond. L’écriture pense le club comme agora : la fête ne camoufle pas, elle catalyse. Héritages assumés (Prodigy pour l’insurrection hédoniste, Pendulum pour la cinétique, Chemical Brothers pour l’art de la texture) mais digérés : pas d’hommage cosplay, une digestion fonctionnelle, utile à la dramaturgie montée/rupture/rebond.

Le morceau tient surtout par son architecture sociale. Ce n’est pas “lève les mains” par réflexe ; c’est “reprends la main” comme protocole. La production maison renforce l’impression de contrôle total : choix de timbres précis, compression parallèle qui serre le torse, sub propre qui reste sage mais implacable, coupe franche dans les fréquences graisseuses. À volume scène, la sensation est quasi cinématographique : travelling sur la foule, plan serré sur l’étincelle, flash de noir, retour plein feu.

Dans l’album Noise Against Tyranny, “Time To Party” coche la case déclencheur : morceau-charnière, calibré pour transformer une salle tiède en bloc conducteur. Pour curateurs : cartouche imparable en ouverture de set ou en reprise d’oxygène nerveux à mi-parcours. Pour clubbers : promesse tenue d’une sueur avec thèse. Londres signe ici un rappel utile : danser reste un acte politique quand le kick tape au bon endroit. Et là, il tape exactement où il faut.

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Written By
Extravafrench

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