Plonger sans lampe et trouver la ville qui respire sous les vagues : Underwater City propose ce paradoxe charnel. Architecture d’ombres, battements qui suintent le néon, lignes mélodiques à fleur de peau ; la chambre d’écho d’une métropole réinventée sous pression. Pas de pastiche ni de posture : une matière pop sombre qui convoque l’électronique aux bords les plus froids, puis l’oblige à danser avec le cœur.
Ouverture en fracas contenu avec Perfect Disaster. Kick métronomique, basses granuleuses, voix au ras du mix : le chaos annoncé devient chorégraphie. Les synthés ne saturent pas l’espace, ils l’aimantent. Phonetic Dreams pousse la pulsation en transe douce : arpèges liquides, contretemps furtifs, un hook chuchoté qui s’incruste par capillarité. Le morceau-titre, Underwater City, installe la salle des machines : nappes abyssales, claps étouffés, progression en palier jusqu’à une clairière harmonique où la lumière paraît filtrée par des vitraux d’eau.
He Never Talked choisit l’économie dramatique : beat minimal, réverb à chambre, respiration audible — l’intime comme principe d’écriture. Place ensuite à Guinea Pig, plus nerveux, angles acides, hi-hats crissants ; une allégorie de l’expérience urbaine, cobaye consentant de ses propres excès. Ice-Cold refroidit la température : synthés vitreux, voix en miroir, tension retenue qui préfère la fissure au cri. L’empreinte alternative-pop s’y marie à un sens très contemporain du vide utile : chaque silence compte.
Where Do We Go condense la question centrale de l’album dans un sprint mélodique : structure resserrée, modulation tardive, final coupé net, comme une sortie de station au petit matin. Now I Rise inverse la courbe : uplift clair, progression d’accords ascendante, percussions aérées — affirmation sans emphase, énergie qui se redresse plutôt qu’elle ne s’impose. Bee’s Knees lâche un clin d’œil ludique : groove caoutchouteux, synth-bass élastique, micro-détails de production qui font sourire les tympans sans quitter le club intérieur.
There’s Nobody Left devient la nef centrale : lenteur assumée, harmonies qui s’empilent par strates, halo cinématographique. Le morceau respire comme une ville à 4 h du matin, vitrines éteintes, trottoirs brillants, solitude majestueuse. Pour refermer, Shut Up opte pour l’uppercut : drums plus secs, attaques frontales, grain vocal légèrement saturé, une dernière décharge qui rappelle que l’album ne cherche pas l’édredon mais l’électricité.
Au-delà de la somme des titres, Underwater City raconte un trajet : passer du tumulte à la clarté, du réflexe au choix. Production ciselée, textures sombres jamais opaques, écriture brute qui refuse l’ornement décoratif : la pop y retrouve sa pulsation vitale. Urbanité et cinéma se frôlent, la sueur et l’eau salée signent le même pacte. On ressort lessivé, mais plus léger : l’oxygène a changé de goût. Florent C. ne livre pas un simple album, mais une cartographie sensitive où chaque piste est une station — et la sortie, une renaissance.
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