Le morceau s’ouvre comme un secret qu’on murmure à voix basse, une confession posée sur un lit de velours. Sneaky n’est pas une chanson d’amour — c’est une chanson de l’entre-deux, de ces liaisons suspendues entre désir et culpabilité, où le plaisir a le goût d’un fruit défendu. Funsho, voix suave et regard lucide, y explore la tendresse des instants qu’on ne vit qu’à moitié, ceux qu’on cache, mais qu’on ressent jusqu’à la brûlure.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’équilibre entre groove et mélancolie. Une basse chaloupée qui respire comme un battement de cœur nerveux, des accords de guitare jazzy qui caressent l’air, et cette voix — souple, charnelle — qui avance avec la retenue d’un homme qui sait qu’il s’égare, mais y trouve malgré tout sa vérité. Le rythme ne presse pas. Il s’installe, lent, lascif, presque hypnotique. Funsho joue sur la tension du non-dit, sur le frisson du risque.
Dans ce clair-obscur sonore, le chanteur nigérian-américain déploie tout l’art du R&B moderne : une narration intimiste, portée par une production sensuelle, mais jamais démonstrative. Chaque souffle compte, chaque silence devient émotion. On pense à Brent Faiyaz pour la moiteur, à Frank Ocean pour la pudeur, mais Funsho trace sa propre ligne — une sincérité brute, dénuée d’artifice.
Il y a, dans Sneaky, une manière élégante de raconter la faute. Pas d’excuse, pas de drame — juste l’acceptation du trouble, cette lucidité qui rend les sentiments plus vrais parce qu’ils sont imparfaits. Et dans cette imperfection, Funsho trouve la beauté : celle d’un amour qui s’éteint lentement, mais laisse sur la peau la chaleur du dernier contact.
Sneaky est une chanson de minuit. De celles qu’on écoute quand la ville dort, que le téléphone vibre, et qu’on sait très bien qu’on dira encore oui. Une confession moderne, subtilement sensuelle, qui transforme la honte en poésie et l’interdit en groove doré.
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