On pourrait croire que Icy Pristine parle de froid, mais c’est en réalité un morceau brûlant. Une brûlure sous la glace, une onde de chaleur prisonnière d’un bloc translucide. Molombo et Pyro signent ici une pièce d’orfèvrerie sonore, une prière digitale qui prend la forme d’un rap chanté où chaque mot se cristallise avant de fondre dans la réverbération. C’est de l’émotion tenue à distance, de la douleur polie à la perfection — le chagrin rendu luminescent.
Le morceau s’ouvre sur une guitare en suspension, comme un fil tendu entre le vide et la délivrance. Elle ne pleure pas, elle respire à travers des accords dissonants, presque fragiles. Puis vient la voix de Molombo : mi-nuage, mi-souffle, qui s’écrase doucement contre le beat comme un cœur au ralenti. Il ne cherche pas à dominer la rythmique, il s’y fond, s’y glisse, s’y dissout. Pyro, en écho, prolonge cette sensation d’apesanteur, ajoutant une dimension presque cinématographique au morceau — deux voix qui se croisent dans la nuit, deux solitudes qui se reconnaissent.
Ce qui frappe ici, c’est la manière dont Molombo réussit à rendre l’introspection pop sans la vider de son mystère. Là où beaucoup auraient surchargé, il épure. Son univers — déjà dessiné sur Hero OMW — trouve ici une clarté nouvelle : une écriture à la fois spirituelle et désenchantée, où le désarroi devient matière première. La rythmique trap, discrète mais nerveuse, pulse sous la surface comme un cœur qui refuse d’arrêter de battre.
Icy Pristine semble flotter dans cet entre-deux si typique de Molombo : ni tout à fait hip-hop, ni tout à fait pop, ni tout à fait réel. C’est une chanson qui vit dans un brouillard bleu, quelque part entre l’aube et le souvenir, là où les émotions n’ont plus besoin de s’expliquer. Le duo transforme la vulnérabilité en architecture sonore, et chaque silence devient un miroir.
On ressort de cette écoute comme d’un rêve au ralenti : un peu gelé, un peu apaisé, un peu hanté aussi. Molombo et Pyro ne cherchent pas la catharsis — ils observent la douleur à travers la glace, fascinés par sa beauté immobile. Icy Pristine ne veut pas réchauffer, il veut suspendre le temps, le rendre presque supportable. Et dans ce presque, il touche à quelque chose d’essentiel.
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