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Le producteur WAIN débarque avec l’album « Still Colorful »

Le producteur WAIN débarque avec l’album « Still Colorful »
  • Publishedoctobre 24, 2025

WAIN, producteur, songwriter et mix engineer aux 100+ sorties, sort de l’ombre avec « Still Colorful », un projet où l’artisan du son se fait enfin auteur de sa propre mythologie. Huit titres comme huit fenêtres sur un cœur en travelling, portés par une galerie de voix invitées qui ne font jamais écran à son geste : une pop indie trempée à l’acoustique, polie au mixage cinématique, qui respire l’espace et la lumière. C’est commercial sans cynisme, c’est folk sans folklore, c’est pop rock sans posture – et surtout, c’est remarquablement construit. Le producteur qui a appris à servir les autres sert ici la chanson, et ça s’entend : tout est à sa place, du grain des guitares au velours des pianos, des textures électroniques à peine effleurées aux respirations soigneusement ménagées.

Three or Four (avec YALI)

Ouverture feutrée, battement à hauteur d’épaule, et cette voix qui passe en oblique sur une guitare qui claque comme un polaroid. WAIN installe d’emblée sa grammaire : arpèges discrets, basse patiente, claps qui deviennent décor. Le refrain, en montée progressive, refuse la grandiloquence pour mieux laisser l’harmonie respirer. En bon mix engineer, il ménage un champ stéréo d’une propreté chirurgicale, mais jamais froide : chaque détail (le souffle d’un slide, la réverb qui s’éteint en queue d’hirondelle) raconte. On pense à la sincérité des premiers Bon Iver qui auraient rangé la forêt pour un studio baigné de fin d’après-midi.

Take Me Home (avec Tay Lerner)

Ici, la pulsation avance au pas lourd d’un bus de nuit. Le songwriting s’accroche à une ligne mélodique claire, presque radiophile, mais l’habillage reste artisanal : une caisse claire en coton, des chœurs qu’on devine faits maison, une guitare nylon qui ourle le cadre. Le mix de WAIN ouvre des poches d’air entre les éléments, ce qui donne à l’ensemble une dynamique respirante. Le “home” du titre paraît moins un lieu qu’une direction : on y va sans se presser, et c’est la route qui nous redessine.

Hit the Ground (avec Nitzan)

La piste la plus pop rock du lot, qui garde pourtant les manières délicates de l’indie folk. Rythmiques en contretemps, petites syncopes qui invitent le corps sans exiger la piste. Le hook n’est pas une injonction mais un sourire – il vous attrape parce qu’il ne force rien. Le producteur signe ici un équilibre rare : guitare électrique aux harmoniques satinées, kick qui tape court, et un pont au design cinématique, tout en suspensions, comme un montage cut-to-black avant le final.

I Wish I Could Fly (avec שירה וייסלר)

Moment de grâce. Piano en colonne vertébrale, cordes fantômes, un champ lexical aérien qui tient parole : le morceau vole, mais au ras de nos vies. La voix, diaphane, est traitée avec une pudeur d’orfèvre : un comping précis, un de-esser qui laisse la sibilance respirer, un delay minimaliste qui allonge l’émotion sans la diluer. On sent l’expérience du mix engineer qui sait qu’un “s” trop lisse enlève la peau à la chanson. Ici, rien n’est gommé : tout est caressé.

Breathe (avec Ophir BM)

Respirer, c’est compter les silences. WAIN y excelle. La structure épouse le thorax : inspiration au couplet, rétention au pré-refrain, exhalation au drop qui ne droppe pas – il s’ouvre. Les textures électroniques affleurent, granulaires et cinématographiques, comme un travelling lente vitesse sur des paysages intérieurs. La basse, ronde mais contenue, passe la main à une guitare folk en palm mute qui agit comme métronome intime. C’est la mécanique du calme.

We Don’t Belong (avec MIRA)

Titre manifeste dans le texte, mais pas dans le geste : si on n’appartient à rien, on peut appartenir à la chanson. Le track est construit en étages : couplets presque spoken, pré-refrain qui soulève, refrains en ruban qui s’enroule. La production privilégie la suggestion : un tambourin qui n’apparaît qu’une fois, quelques pianos préparés, et ces micro-glitches qui tiennent lieu de ponctuation. Le mix est un exercice d’équilibre : laisser le lead devant sans écraser les respirations des chœurs. Mission parfaitement remplie.

The Yellow Sign (avec YOTAL)

La signature jaune ? Un panneau attention : banger subtil. Guitares staccato, beat qui claque en gomme laque, lignes de synthé à peine dessinées. C’est ici que la veine “pop cinématique” se montre le plus : on visualise une course urbaine au crépuscule, caméra main à hauteur de visage. Le bridge installe une tension harmonique qui se résout en douceur, comme si le plan s’ouvrait sur un horizon en contre-jour. Montage mixage : même combat.

Colorful (avec ORIAN)

Finale en titre-manifeste. “Colorful” n’est pas qu’un adjectif : c’est un manifeste de production. WAIN y expose sa palette – boiseries acoustiques, éclats pop, vernis rock – et prouve que la couleur, en musique, est d’abord une question de lumière. Les voix s’empilent sans s’écraser, preuve d’un vocal editing au scalpel et d’un sens rare du relief. Le dernier refrain, élargi par des doublages stratégiques, offre l’image exacte de l’album : une mosaïque cohérente, chaque tesselle posée pour servir l’ensemble.


Pour conclure, « Still Colorful » tient sa promesse : un disque multiple qui ne s’égare jamais. On y sent le producteur qui sait écouter, le mix engineer qui sait trancher, le songwriter qui sait taire – laisser parler les notes, les pauses, les gens qu’il invite. À l’heure où la pop aime crier ses refrains par-dessus des drums identiques, WAIN préfère la densité calme, l’émotion tenue, le cinémascope intime. C’est une carte de visite, oui, mais surtout un rendez-vous : on a hâte de le retrouver, sur d’autres routes, d’autres voix, d’autres couleurs.


• Site officiel : wainstudio.com

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Written By
Extravafrench

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