Take Me Back s’écoute comme un souvenir qu’on voudrait retenir entre ses doigts. C’est une caresse dans le chaos, un morceau à la frontière des continents — là où les pulsations d’un Londres pluvieux croisent la moiteur dorée de Lagos. Creepzz et Kosi Sia, deux âmes venues de mondes différents, trouvent ici leur langage commun : celui du rythme, de la nostalgie et du désir de recommencer.
Le morceau s’ouvre avec une douceur trompeuse, comme une confession chuchotée avant la tempête. La voix de Creepzz glisse, posée, presque fragile, sur une production hybride où l’Afrobeats se mêle au UK Hip-Hop avec une élégance rare. Les percussions ondulent sans excès, laissant la basse respirer et la mélodie s’étirer comme un rayon de soleil sur les briques humides d’un matin londonien. Puis la voix de Kosi Sia arrive, magnétique, aérienne, et tout s’élève d’un cran. Leur dialogue devient danse : lui parle de retour, elle répond en silence, leurs timbres s’enroulent dans une tension tendre et sensuelle.
Mais Take Me Back n’est pas qu’une chanson d’amour — c’est un cri feutré, celui de ceux qui ont connu la distance, la rupture et la mélancolie des secondes chances. Le texte, simple en apparence, cache une complexité émotionnelle fine : chaque mot semble suspendu entre la vulnérabilité et le contrôle, entre ce qu’on ose dire et ce qu’on tait. La production joue ce rôle de miroir, oscillant entre chaleur organique et froideur numérique, à l’image d’une époque où les émotions passent par les écrans mais continuent de battre à l’intérieur.
Creepzz ne cherche pas à impressionner. Il raconte. Il observe. Son flow coule avec une précision détendue, presque nonchalante, mais chaque syllabe frappe juste, au bon endroit. Kosi Sia, elle, déploie une aura solaire — celle des chanteuses qui ne forcent rien, qui illuminent par la retenue. Ensemble, ils signent un morceau où le groove devient confession, où le battement du cœur se confond avec celui du kick.
Take Me Back est moins un hit qu’un moment suspendu. Un pont entre deux cultures, deux sensibilités, deux façons d’aimer. Un morceau qui fait danser sans bouger, sourire sans oublier. C’est l’âme afro filtrée par le gris londonien — un mélange de spleen et de chaleur, de saudade et de lumière. Une promesse murmurée à la fin de la nuit : celle de se retrouver, quelque part, entre la pluie et le soleil.
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