Il y a chez JayWood quelque chose d’instinctif, de solaire et de profondément insaisissable. Après avoir quitté Winnipeg pour Montréal, Jeremy Haywood-Smith — l’homme derrière ce projet polymorphe — signe avec Leo Negro son œuvre la plus complète, la plus vibrante aussi. Sorti sur le label culte Captured Tracks (Modulor), ce troisième album trace une trajectoire intime et déroutante, un journal d’identité et de réinvention où s’entrechoquent soul, funk, hip-hop, indie rock et éclats électroniques. JayWood y joue les funambules entre introspection et groove incandescent, entre chaos maîtrisé et sincérité brute.
Dans notre interview, l’artiste canadien se dévoile sans fard : ses rêves, ses racines guyanaises, ses inspirations aussi vastes que le cosmos, son goût pour le riz à la noix de coco et ses réflexions sur l’équilibre fragile entre création et perfection. Avec Leo Negro, il ne cherche pas à plaire — il cherche à comprendre. Et c’est précisément ce qui rend sa musique si vivante, si libre, si nécessaire.
Qui es-tu ?
Salut ! Je m’appelle Jeremy, mais beaucoup de gens me connaissent sous le nom de Jay ou JayWood. Je viens de Winnipeg, au Manitoba, au Canada, mais je vis actuellement à Montréal. Je fais de la musique et je crée des choses.
Quel est ton parcours ?
Mes deux parents viennent du Guyana, dans les Caraïbes.
Que peux-tu nous dire sur ta musique en quelques mots ?
Il y a beaucoup d’idées différentes qui s’y croisent — c’est à la fois fun et parfois complexe. Ce n’est peut-être pas au goût de tout le monde, mais je pense qu’il y a toujours un petit quelque chose pour chacun·e.
Quelles sont tes inspirations ?
Littéralement tout. Les films, les couleurs, la danse, la musique, la nature. J’essaie de puiser dans tout ce que je peux percevoir, et même dans ce que je ne comprends pas — tout ce qui touche au mystique ou au cosmique. J’adore la création, alors peu importe comment l’inspiration me trouve, je lui suis reconnaissant.
Petite parenthèse : beaucoup d’idées me viennent en rêve, ce qui en dit déjà long.
Quelle est ta playlist du moment ?
En ce moment, j’écoute surtout de la soul des années 70 et 80, avec quelques morceaux de R&B des années 2000 pour équilibrer le tout !
Quel est le plat que tu cuisines le mieux ?
Je fais un excellent riz à la noix de coco — je l’ai préparé plusieurs fois pour des ami·e·s et j’ai reçu des critiques dithyrambiques. On m’a aussi dit que je faisais le meilleur chili !

Quels sont tes projets à venir ?
Je viens tout juste de sortir mon troisième album, LEO NEGRO, le 5 septembre, donc il est encore tout frais et commence à circuler. Je ne devrais probablement pas parler d’autre chose pour l’instant.
Peux-tu nous raconter une anecdote à ton sujet ?
J’ai un boulot de facteur à côté. Apparemment, beaucoup de gens trouvent ça fascinant — c’est un peu le genre de métier auquel tout le monde a déjà pensé un jour. À part ça, je suis plutôt sportif de nature : je joue régulièrement au volley, je fais de l’escalade, du tennis, du baseball, et je me déplace partout à vélo.
Si tu pouvais passer 48 heures avec quelqu’un que tu n’as jamais rencontré, qui serait-ce ?
Tout dépendrait du type d’expérience qu’on pourrait avoir, haha — c’est une question difficile ! Je dirais peut-être Donald Glover ? Il touche à tellement de domaines différents, ce serait génial de voir comment il arrive à tout équilibrer, et d’avoir un aperçu d’un artiste que j’admire vraiment. C’est toujours un peu angoissant de rencontrer quelqu’un qu’on respecte — imagine s’il est décevant et brise ton image de lui ? Mais je prendrais le risque, juste pour vivre l’expérience. Ce serait vraiment trop cool.
Un dernier mot ou conseil ?
Encourage tes ami·e·s, sois bienveillant·e envers toi-même et n’hésite pas à demander de l’aide si tu en as besoin. Tout ça fait de toi une personne encore plus stylée.
