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MAUMAUMAU nous dévoile « PREY »

MAUMAUMAU nous dévoile « PREY »
  • Publishedoctobre 31, 2025

C’est une morsure avant d’être une chanson. Un cri feutré dans le noir. PREY de MAUMAUMAU n’essaie pas de séduire — il traque, il rôde, il observe la violence invisible tapie dans nos pulsions. On y entre comme dans une boîte de nuit déserte à quatre heures du matin, quand la sueur a remplacé la musique et que les corps s’évitent autant qu’ils s’attirent. C’est là, dans cet espace trouble entre le plaisir et la prédation, que Mau choisit de raconter l’indicible.

Le morceau, produit avec une précision chirurgicale par Fernando Familiar et Reed Izumi, tisse des textures denses, presque étouffantes : un battement de basse comme un cœur sous adrénaline, des voix distordues qui chuchotent entre deux éclairs de lumière, et cette montée dramatique qui fait basculer le tout dans une transe quasi cinématographique. On pense à Arctic Monkeys pour la sensualité poisseuse, à Depeche Mode pour la tension spirituelle, à Trent Reznor pour l’énergie dévorante.

Mais ce qui distingue PREY, c’est la lucidité. Là où d’autres auraient joué la carte du fantasme ou du cynisme, MAUMAUMAU choisit la responsabilité. En s’inspirant des témoignages de femmes de son entourage, il renverse le regard : ici, le prédateur n’est pas une figure lointaine, mais une culture, un système de désir qui étouffe autant qu’il excite. PREY devient alors une confession masculine dans un monde où le pouvoir se travestit trop souvent en passion.

Le morceau avance comme une pulsation nerveuse — chaque changement d’atmosphère est une mue. Les transitions sont abruptes, désorientantes, presque psychédéliques : Mau ne cherche pas la fluidité, il veut qu’on sente la tension, la dissonance, l’inconfort. C’est une œuvre à écouter au casque, les yeux fermés, pour se laisser happer par la moiteur de la production et la froideur du propos.

Dans le sillage de Macho Macho et Boss Level, PREY marque une nouvelle mutation de l’artiste mexicain : plus viscéral, plus risqué, plus humain. MAUMAUMAU n’est plus seulement ce funambule entre l’ironie et la pop expérimentale ; il devient un chroniqueur des zones grises du désir moderne. Et sous cette pleine lune électronique, il nous rappelle que parfois, pour ne plus être la proie, il faut oser se regarder en chasseur.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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