Elle chante comme on respire après une noyade. Moniah n’interprète pas ses émotions, elle les traverse. Dans What If I Cry About It, la Londonienne s’ouvre avec une intensité à la fois maîtrisée et désarmante, comme si elle dansait sur le fil tendu entre la fêlure et la légèreté. C’est une pop qui brille sans chercher à éblouir, une confession rythmée par le battement d’un cœur qui hésite entre la peur d’aimer et la nécessité de se laisser tomber.
On retrouve dans cette chanson une forme d’élégance rare : celle qui ne se fabrique pas. La voix de Moniah flotte, douce mais habitée, comme si elle se souvenait d’une peine tout en refusant d’y renoncer. Derrière son grain chaleureux se cache une tension intime, une conversation entre la raison et le chaos. Sa manière de chanter évoque cette honnêteté sans filtre qu’on croyait perdue depuis l’ère de la grande pop introspective — quelque part entre les envolées de Raye et les balancements émotionnels d’une early Beyoncé en clair-obscur.
La production, elle, se love dans un entre-deux très moderne : beats légers, nappes oniriques, basses feutrées. Tout semble conçu pour suspendre le temps. Ce n’est ni un slow, ni un banger — c’est un battement de cœur mis en musique. On pourrait presque y sentir les lumières d’un club londonien se mêler aux reflets de la pluie sur les vitres d’un appartement où l’on attend un message qui ne viendra pas.
Ce que Moniah réussit ici, c’est un tour d’équilibriste : rendre la vulnérabilité dansante. Sa voix se fissure parfois, mais ces fissures deviennent des points de lumière. Elle n’essaie pas de réparer, elle sublime. Dans What If I Cry About It, le chagrin n’est plus une défaite : c’est une manière de vivre plus fort, de respirer plus large.
Chaque mesure semble écrite à hauteur d’âme. Il y a cette conscience du détail, cette pudeur élégante dans la manière de ne jamais trop en dire tout en livrant tout. C’est une pop sensible, mais pas larmoyante ; accessible, mais jamais plate. Moniah y dévoile son univers : celui d’une artiste qui a compris que la sincérité, quand elle est assumée, devient une arme redoutable.
Et quand le refrain retombe, léger comme un adieu qu’on finit par accepter, on se dit que What If I Cry About It n’est pas qu’une chanson : c’est un état d’âme, une manière de dire au monde qu’on peut pleurer — et danser en même temps.
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