Holdin’ On ne commence pas : il émerge. Comme si l’on reprenait conscience au cœur d’un club qui respire encore, à l’aube, après l’orage. Arky Waters, producteur australien à la vision cinétique et viscérale, signe ici un retour incandescent. Ce morceau n’est pas seulement une piste de dancefloor : c’est une montée d’adrénaline pure, une lutte entre le lâcher-prise et la survie, où la lumière stroboscopique devient un langage.
Le morceau s’articule autour d’un motif de basse moelleuse et nerveuse à la fois, une matière souterraine qui gronde sous les nappes d’accords spectrales. La voix de MAMI — aérienne, presque spectrale — plane au-dessus comme une prière électronique, un mantra étouffé entre l’intime et l’hypnotique. On pense à la mélancolie galvanisée de Bicep ou à l’architecture sonore d’Overmono, mais Arky Waters impose sa propre grammaire : une tension maîtrisée, un souffle humain noyé dans la machine.
Ce qui fascine dans Holdin’ On, c’est sa manière de fusionner le physique et le spirituel. Le kick frappe comme un cœur qui cogne contre la cage thoracique, la mélodie s’enroule autour d’un espace mental en apnée, et tout le morceau semble aspiré vers un point de rupture invisible. C’est le genre de track où chaque drop ressemble à une révélation — pas explosive, mais organique, contenue, presque sensuelle.
Arky construit ici un paysage sonore saturé de détails : les reverbs s’allongent comme des trainées de lumière dans l’obscurité, les textures se superposent avec une précision qui relève du dessin industriel, mais rien n’est froid. L’émotion suinte dans les interstices — dans la voix brisée, dans la suspension du dernier beat, dans ce moment où tout pourrait s’effondrer mais choisit de continuer à vibrer.
Holdin’ On est une prière pour les insomniaques, les cœurs en suspens, les corps en fuite. C’est un hymne à la persistance — celle de ceux qui continuent à danser quand tout s’écroule, à aimer quand la nuit devient trop longue. Arky Waters signe un morceau à la fois introspectif et viscéral, taillé pour la solitude des clubs et les souvenirs qu’on emporte après.
Sous la façade de la house, il y a ici quelque chose de profondément humain : une obstination à rester debout. À tenir, coûte que coûte.
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