Je me souviens de ce moment précis, au milieu de la nuit, quand “Pretty Boys” a éclaté dans mes écouteurs — cette minute suspendue où la pop cesse d’être un divertissement pour redevenir un miroir. Diana Vickers ne chante pas pour séduire, elle s’adresse à elle-même, à toutes celles qui ont un jour confondu attention et affection. Ce n’est pas un retour, c’est une réapparition. Une renaissance sous stroboscope, entre larmes passées et mascara waterproof.
Sur ce nouveau single, Vickers n’essaie plus de plaire. Elle règne. “Pretty Boys” vibre d’un humour grinçant, de cette ironie qu’on acquiert quand on a traversé la brûlure des amours toxiques. La production — signée George Glew et Dee Adam — respire les années 2000 mais sans nostalgie : c’est un clin d’œil, pas un costume. Les synthés brillent comme des lames de verre, la rythmique caresse avant de frapper, et sa voix, toujours singulière, effleure cette frontière fragile entre douceur et provocation.
Là où la pop commerciale se contente souvent d’un vernis séduisant, Diana creuse plus profond. Elle prend la Dance Pop et la tord, la rend intime, presque charnelle. On entend la thérapeute qu’elle évoque, la colère contenue, le rire nerveux face à ses anciens démons. “Pretty Boys” devient un acte de désacralisation : l’homme objet, le regard inversé, la femme libre de désirer sans s’excuser.
Le clip, signé Leo Cackett, pousse plus loin cette idée d’appropriation du fantasme. Vickers y joue sa propre muse : féline, dangereuse, souveraine. On y retrouve l’esthétique d’un film érotique des années 90 revisité par une génération TikTok qui a compris que la vulnérabilité pouvait être un art.
Depuis The X Factor, Diana Vickers s’est toujours tenue à la marge — trop théâtrale pour le mainstream, trop pop pour l’underground. Avec “Pretty Boys”, elle trouve enfin son point d’équilibre : une chanson qui flirte avec la perfection radio-friendly tout en suintant la sincérité.
“Pretty Boys” n’est pas seulement un morceau qu’on ajoute à une playlist, c’est une capsule émotionnelle, un cri pailleté, une déclaration d’indépendance. Et dans cette époque où la pop cherche à tout intellectualiser, Diana Vickers nous rappelle que danser peut encore être une forme de thérapie.
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