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French Music Pop

Dourack est en mode « noir ou blanc » dans le clair-obscur d’un amour défait

Dourack est en mode « noir ou blanc » dans le clair-obscur d’un amour défait
  • Publishednovembre 3, 2025

Certains morceaux n’essaient pas de consoler : ils observent les débris avec une élégance douloureuse. noir ou blanc de Dourack fait partie de ceux-là. Ce n’est pas une chanson d’amour, mais le polaroïd un peu tremblé de ce qu’il en reste — les heures floues, les échos d’un passé qui refuse de mourir proprement. Ce que Dourack raconte ici, c’est la désintégration intime, mais sans plainte, sans pathos : un face-à-face entre deux mémoires qui ne se superposent plus.

Le morceau s’ouvre sur un piano feutré, presque timide, qui semble respirer dans la pénombre. On croirait entendre la chambre d’après — celle où les draps sont froids et la lumière encore trop crue. Puis les drums, secs, clairs, hérités des années 80, s’invitent doucement, comme un souvenir de mouvement dans un présent figé. La guitare saturée, elle, se charge du fantôme : elle gronde à la périphérie du son, mi-chaude mi-acide, comme une rancune qu’on n’a pas totalement digérée.

Mais ce qui frappe surtout, c’est la voix. Dourack ne chante pas vraiment : il murmure, il dépose. Sa diction glisse entre l’anglais et le français comme on se débat entre deux manières d’exister. Il y a dans ce mélange une mélancolie moderne — celle des amours post-internet, où tout semble à la fois trop réel et trop flou. Le ton n’est pas dramatique, il est lucide. Comme si raconter la rupture devenait le seul moyen de la vivre encore un peu.

L’influence du R&B alternatif du début des années 2010 — Frank Ocean, James Blake, How to Dress Well — se ressent dans la pudeur et la spatialité du mix. Chaque élément sonore flotte, suspendu dans un vide texturé, un silence habité. L’ambient n’est pas ici un décor : c’est le souffle de l’absence.

noir ou blanc ne cherche pas à trancher, justement. Ce n’est pas un duel entre deux versions d’une histoire, mais la coexistence fragile de deux vérités. Celle de l’autre, celle de soi. Dourack parle de ces zones intermédiaires où l’amour devient une fable, où chacun réécrit sa version jusqu’à y croire.

On sort de ce morceau avec la sensation d’avoir traversé un brouillard — pas celui qui aveugle, mais celui qui révèle, par contraste, la forme des choses perdues. Dourack ne reconstruit rien : il contemple. Et dans ce regard calme, dans ce piano qui persiste comme une respiration lente, il y a cette beauté rare de ceux qui savent que la tristesse peut être lumineuse, à condition de ne pas la fuir.

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Written By
Extravafrench

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