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Afro Music

Tomber amoureux comme on perd pied aevc Dumomi The Jig sur « Walls »

Tomber amoureux comme on perd pied aevc Dumomi The Jig sur « Walls »
  • Publishednovembre 3, 2025

Je n’avais pas prévu d’être touché. Walls a commencé par une pulsation — une de ces caresses rythmées typiques de Lagos, un battement discret mais chaud, comme un cœur qui reprend vie sous les doigts d’un autre. Et puis la voix de Dumomi The Jig s’est glissée à l’intérieur, non pas pour chanter l’amour, mais pour le rendre palpable, presque tangible, comme une lumière qui filtre à travers une peau encore fermée.

Ce morceau n’a rien d’un banger Afrobeat calibré pour les clubs. Il murmure plutôt qu’il ne crie, avance à pas feutrés, préférant la sincérité à l’effet. Dumomi ne cherche pas la perfection — il cherche la vérité. On sent chez lui cette tension entre la pudeur britannique et l’exubérance nigériane : un tiraillement doux, presque poétique, entre deux continents, deux rythmes, deux manières d’aimer. Sa voix porte cette dualité : un timbre feutré, presque timide, qui s’éclaire parfois d’un éclat de chaleur brute, comme un rayon traversant la pluie.

L’instrumentation suit ce mouvement intérieur. La guitare joue le rôle du confident, légère, fragile, presque translucide. Le beat, lui, respire lentement, sans jamais s’imposer. Tout est question d’équilibre — un groove à mi-voix, une mélodie suspendue dans un espace-temps moelleux où rien n’est forcé. On pense à la sensualité de Fireboy DML, à la tendresse d’Oxlade, mais Dumomi The Jig garde sa singularité : celle d’un producteur qui ne fait pas de la musique pour plaire, mais pour guérir.

Walls est une confession sans mise en scène. Dumomi parle de ces murs qu’on dresse pour se protéger du monde, jusqu’à ce qu’une présence vienne, sans prévenir, les fissurer. Ce n’est pas une histoire d’amour au sens romantique — c’est une épiphanie. Le moment précis où le cœur comprend qu’il n’a plus peur.

Ce que j’aime dans ce titre, c’est cette manière d’être à contre-courant de tout. Pas d’effet pyrotechnique, pas de hook surproduit, juste un souffle, une ligne mélodique, et cette impression que quelque chose en nous s’ouvre lentement. L’écoute devient presque tactile. On ne danse pas, on s’abandonne.

Walls s’écoute comme on regarde quelqu’un dormir après l’avoir trop longtemps cherché. C’est intime, désarmant, d’une beauté discrète mais persistante. Et c’est peut-être ça, le vrai luxe dans la musique d’aujourd’hui : un morceau qui ne s’impose pas, mais qui reste, comme une empreinte, quelque part entre la peau et la mémoire.

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Written By
Extravafrench

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