“Un battement d’âme dans le vacarme numérique, une larme synthétique qui refuse de sécher.”
J’écoute Mechanical Souls comme on entrouvre un journal intime codé dans une machine. Tout y vibre d’un trop-plein d’humanité sous la peau froide des synthés. Only1Zaina ne chante pas : elle défragmente. Son souffle passe à travers des nappes d’EDM et de dark pop, électrisées par des vagues tropical house qui respirent l’exil intérieur. C’est le cri d’une génération connectée jusqu’à l’os mais débranchée du réel, une confession murmurée à un monde en veille.
La première minute, c’est une tension liquide. Les basses rampent doucement sous la surface, les voix semblent filtrées par un souvenir. Puis la mélodie s’ouvre comme une plaie : une guitare presque maladroite, vulnérable, vient troubler la perfection mécanique du beat. Ce détail, cette imperfection volontaire, c’est le point de rupture du morceau — la faille par laquelle passe tout ce qui reste de vivant. On sent la main de Zaina partout : dans les reverb trop longues, dans les silences qu’elle laisse respirer, dans ce mixage qu’elle a façonné seule comme une sculptrice du son qui apprend à se blesser sans crainte.
Mechanical Souls sonne comme une quête — celle d’une artiste qui veut réapprendre à sentir, même à travers la froideur numérique. Il y a chez elle quelque chose d’à la fois punk et mystique : un besoin de casser les cadres, de reprendre la main sur la machine, de créer un lien humain dans un espace saturé de faux reflets. Le clip qu’elle signe elle-même prolonge cette recherche : des visages familiers, du flou, du chaos, et cette lumière tremblée qui ressemble à une vérité.
Only1Zaina ne cherche pas à séduire ; elle cherche à exister. Dans le vertige électronique de Mechanical Souls, elle fait danser nos absences et remet du cœur là où tout devient pixel. Une chanson comme une faille dans le programme — et soudain, le bug devient beauté.
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