Ce morceau s’avance comme une tempête lente, un cri lucide dans la brume d’un monde qui s’effondre — à la fois rageur, fragile et étrangement apaisé.
Avec Phantasmagoria, Anthony Ruptak transforme le désenchantement contemporain en fresque sonore. Loin du simple constat politique, il compose un poème apocalyptique où l’indignation devient art et la mélancolie, résistance. C’est un morceau qui vous prend à la gorge dès les premières mesures, non par sa colère, mais par sa lucidité. On y entend le désarroi d’un homme qui observe l’incendie de la planète depuis la fenêtre de son propre cœur — un témoin, pas un prophète.
Musicalement, Phantasmagoria oscille entre l’ampleur du folk-rock orchestral et l’intimité d’un indie rock contemplatif. La guitare d’ouverture sonne comme une mèche lente, bientôt rejointe par des percussions lourdes et des cordes qui s’élèvent en vagues successives. Ruptak construit sa tension avec la patience d’un cinéaste : tout s’étire, tout s’alourdit, jusqu’à cette montée finale — deux minutes d’apothéose lyrique qui laissent le souffle court. C’est dans ce climax que la chanson se déploie pleinement : une prière, un hurlement, un dernier appel à la tendresse avant la chute.
Sa voix, pleine de grain et de fatigue, porte une gravité à la Springsteen, mais sans grandiloquence. Elle tremble, se fissure parfois, et c’est justement là que réside sa force : dans cette humanité nue, sans vernis. Les paroles ne cherchent pas la consolation ; elles nomment le chaos, l’épuisement, la peur du vide. Et pourtant, sous la poussière, on perçoit la flamme : l’amour du monde malgré lui, la compassion obstinée pour ceux qui restent debout.
Phantasmagoria est une chanson pour notre époque de vertige permanent — une ballade sur les ruines, mais aussi un rappel que même au cœur du désastre, quelque chose en nous continue de chanter. Ruptak ne propose pas une échappatoire : il nous tend un miroir, et ce qu’on y voit, c’est notre propre fatigue, mais aussi notre refus de renoncer à la beauté.
Dans ce mélange de douleur et de lumière, Anthony Ruptak touche à l’essentiel : Phantasmagoria n’est pas seulement un hymne pour la fin, c’est une promesse — celle qu’on peut encore sentir, vibrer, espérer, même quand tout s’effrite.
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