« Ce morceau, c’est la rencontre improbable entre la torpeur d’un après-midi brésilien et la douceur nébuleuse d’un slow R&B cosmique. Une pulsation chaude, lente, fondue dans la moelle du groove.«
Chez Augusto Diniz, tout semble couler naturellement, comme si les styles n’étaient plus des frontières mais des points d’eau. Melô do Ai Se (Ice) en est la preuve éclatante : un titre qui fait dialoguer le funk carioca et le neo-soul avec une grâce rare, comme si D’Angelo avait pris le bus à Belo Horizonte pour une session improvisée avec DJ Polyvox. Diniz joue avec les codes du funk brésilien sans jamais s’y enfermer : il les polit, les ralentit, les transforme en murmure.
La rythmique, moite et sinueuse, garde l’instinct du baile funk mais le dépouille de sa frénésie. Ici, la chair ne se secoue pas, elle ondule. Les percussions claquent à contretemps, et la ligne de basse, épaisse et feutrée, soutient la voix comme un drap encore chaud. Diniz chante avec un détachement lascif, un flow qui effleure plus qu’il ne frappe. On l’imagine torse nu dans la pénombre d’un studio, sourire en coin, laissant ses mots flotter entre le désir et la fumée.
Le morceau respire la dualité : d’un côté, la sensualité du funk carioca ; de l’autre, l’élégance jazzy du R&B contemporain. Entre les deux, une brume de soul douce-amère, presque psychédélique, où la romance se mêle à une allusion légère au “ice hash”, comme un clin d’œil au plaisir coupable. Diniz n’en fait jamais trop — il préfère suggérer, glisser, laisser le groove dire l’essentiel.
Melô do Ai Se (Ice) est une danse lente, moelleuse, désinvolte. Une chanson de peau et de silence, de plaisir contenu et d’extase feutrée. Augusto Diniz y redessine les contours du funk moderne, avec une élégance sensuelle qui tient plus du frisson que du cri. Un morceau pour les nuits moites où le monde semble prêt à fondre.
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