Un clin d’œil, une clope, un sourire en coin — “MACHO!” entre comme un film de gangsters amoureux, tourné dans la pénombre d’un club enfumé où le groove fait loi.
Avec ce morceau, Hamorabi renoue avec une esthétique qu’on croyait perdue : celle du rap sensuel et bravache, où l’arrogance flirte avec la tendresse et où chaque punchline cache un sourire désarmant. “MACHO!” est un slow-banger comme on n’en fait plus — un croisement entre le RnB ghetto des années 2000 et la verve crue d’un MC français qui ne s’excuse de rien.
Dès les premières secondes, le décor est posé : une prod’ soulful et mal léchée, un beat qui claque avec ce léger décalage propre aux batteries funk, et ce sample pitché, mi-mielleux mi-ironique, qui sert de toile de fond à la confession d’un bad boy sentimental. Hamorabi ne cherche pas à plaire — il séduit sans le vouloir. Sa voix glisse sur l’instru comme un cuir patiné, entre la douceur d’un lover et la froideur d’un mec qui en a vu trop pour encore tomber.
L’écriture, elle, brille par sa double lecture : derrière le ton goguenard et les vannes d’ego-trip amoureux, il y a un vrai travail de style. Le texte joue sur les contrastes — désir et ironie, virilité et vulnérabilité, domination et doute. On y retrouve cette finesse de plume propre aux lyricistes qui ont digéré la rue pour mieux en extraire la poésie. Hamorabi a ce truc rare : faire rimer le sarcasme avec la sincérité.
Musicalement, “MACHO!” transpire la culture G-Unit — lignes de basse qui serpentent, reflets de synthé dorés, chœurs féminins fantomatiques — mais réinterprétée à la sauce française, avec un groove plus moelleux, presque tropical. Il y a du 50 Cent dans l’attitude, mais du Doc Gynéco dans la désinvolture, et du Booba première ère dans la rime acérée.
C’est ce mélange de douceur et de vice, d’humour et de classe, qui fait de MACHO! une réussite : un morceau qui ne rejoue pas la nostalgie, mais qui réactive le plaisir pur d’un rap charnel, vibrant, écrit avec panache.
Hamorabi prouve qu’on peut encore parler d’amour en rappant avec des crocs. Et dans ce “MACHO!” mi-sérieux, mi-parodique, c’est tout un pan du hip-hop français qui retrouve sa saveur : celle de l’autodérision élégante, du flow qui drague et cogne dans la même mesure.
Un son pour les vrais, mais aussi pour ceux qui savent que même les durs ont un cœur qui groove.
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