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Music Rock

Max Ceddo sur « Nematode » ou l’anatomie d’un lien qui pourrit

Max Ceddo sur « Nematode » ou l’anatomie d’un lien qui pourrit
  • Publishednovembre 8, 2025

Sous les guitares nerveuses de Nematode, Max Ceddo dissèque la toxicité d’un amour comme on observerait un organisme au microscope — une étude clinique du désenchantement où chaque riff saigne de lucidité.

C’est un morceau qui te prend à revers, pas par la violence d’un cri mais par le froid méthodique d’un constat. Nematode ne raconte pas une rupture : il l’analyse. Max Ceddo signe ici un morceau qui tient autant du scalpel que de la confession — une dissection sonore d’un amour devenu parasite, d’une relation où l’autre s’accroche comme une ombre, sans lumière ni chaleur.

La guitare, sèche et coupante, avance comme un instrument chirurgical. Les premiers accords semblent hésiter entre l’urgence post-punk et la langueur d’un rock désabusé — on pense à Interpol, parfois à Fontaines D.C., dans cette manière de transformer le désarroi en pulsation élégante. La batterie, elle, frappe en décalé, légèrement disloquée, accentuant cette impression d’instabilité affective : rien n’est jamais vraiment à sa place, tout menace de basculer.

La voix, presque monocorde, traverse le morceau comme un fil tendu entre résignation et lucidité. Max Ceddo ne cherche pas l’émotion spectaculaire, il préfère le malaise feutré. Il parle d’une femme comme d’un symptôme, d’un amour comme d’une infection lente. Le « nematode » devient alors plus qu’une métaphore biologique : c’est la figure d’un lien vampirique, d’une dépendance invisible mais corrosive. Ce ton clinique, presque détaché, donne au texte une froide beauté — une poésie de la corrosion.

Ce qui rend Nematode fascinant, c’est cette tension entre l’organique et le mécanique. La basse grouille, comme si elle cherchait à remonter à la surface. Les guitares, elles, tracent des cercles autour du vide, hypnotiques, répétitives, épuisantes. C’est une boucle mentale mise en musique — celle des amours où l’on reste malgré tout, par habitude, par peur, par fatigue.

Le morceau ne s’achève pas, il s’éteint. Comme un corps qui renonce à lutter. Max Ceddo réussit là où beaucoup échouent : rendre audible la lente décomposition du lien, sans pathos, sans posture. Nematode n’est pas une chanson d’amour, c’est une autopsie. Et pourtant, dans ce désastre froid, quelque chose palpite encore — la preuve que même au cœur du pourrissement, la musique reste un instinct de survie.

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Written By
Extravafrench

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