Un premier coffre ouvert sur l’avant-monde, où Raeski Rea révèle la matière brute qui précède le mythe — un point zéro incandescent, taillé dans le réel avant la naissance du Raeskiverse.
Impossible d’aborder Before the Raeskiverse comme un simple EP. On a l’impression de tenir entre les mains un carnet retrouvé sous les lattes d’un parquet, un document fondateur jamais destiné au public et pourtant crucial pour comprendre l’odyssée à venir. En l’écoutant, je me suis surpris à imaginer Raeski Rea non pas en architecte d’univers, mais en jeune homme penché sur un bureau trop petit, dans une chambre de Hampton Roads, traçant des lignes qui n’ont pas encore la forme du mythe – seulement la résonance du vrai.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la sensation de marcher dans une pièce encore chaude, habitée par le souffle d’avant la métamorphose. Loin des lumières bleues et des équations symboliques qui feront plus tard la signature du Raeskiverse, ces quatre titres avancent comme une préface émotionnelle, un prologue où la peau n’a pas encore cicatrisé. J’ai senti l’artiste dans sa respiration la plus humaine, presque nue, mais déjà en tension, déjà prêt à basculer dans une dimension plus vaste.
Raeski ouvre la danse avec un boom-bap précis, discipliné, presque militaire dans sa structure. C’est un morceau qui ne fait pas que présenter son auteur : il pose les jalons d’une éthique, d’une rigueur, d’une façon d’être au monde. On perçoit la volonté de maîtrise, l’écriture ciselée, un respect profond pour la tradition rap—avant que le personnage ne se dilate vers quelque chose de cosmique. C’est ici que tout commence, dans ce terreau concret où le futur n’est encore qu’une rumeur.
All In Too bascule le décor. La production se fait plus lo-fi, les contours plus flous, comme si la chambre de l’artiste s’assombrissait d’un coup, laissant entrer un doute plus intime, une fatigue douce. La mélancolie flotte, mais pas une mélancolie qui écrase : une qui observe, qui se demande comment on tient debout quand le monde semble trop vaste. Le morceau agit comme un interstice où Raeski laisse filtrer ce qu’il cache souvent derrière son système narratif. Un aveu feutré.
Puis Better Than I Was surgit comme une éclaircie. C’est le moment où l’on sent l’artiste se hisser, presque physiquement, vers quelque chose de plus clair, plus affirmé. Le morceau porte bien son nom : c’est une ascension, une montée en lumière, une prise de conscience. La production s’aère, les intentions se clarifient, et l’on découvre le germe de ce qui deviendra son Painterly Core. Tout devient couleur, mouvement, vision. Cette piste est une ébauche de renaissance.
Et puis Brockies arrive comme un revers de paume. Sec, frontal, trap, incisif. C’est un morceau qui tranche le réel et expose les impostures sans détour. On entend le futur Raeskiverse se structurer : la notion d’authenticité, l’exigence envers soi-même, la critique des façades creuses. Brockies est l’ombre portée du projet, sa densité morale. Un avertissement. C’est la première fois que l’on sent l’équation, la mécanique interne, le système de pensée qui fera plus tard la richesse de son univers.
En refermant l’EP, j’ai eu la sensation d’être témoin d’un geste rare : celui d’un artiste qui accepte de montrer l’avant-scène, le brouillon, la version fragile de lui-même. Before the Raeskiverse n’est pas seulement un retour en arrière, c’est la preuve que toute mythologie naît d’une faille intime, d’un chaos maîtrisé, d’un désir de donner forme au tumulte.
Raeski Rea ouvre ici son coffre-fondation. Et ce qu’on y trouve n’est ni un concept ni un décor, mais un cœur en mouvement.
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