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DYSPHEMIC et KRYPTIK sont en mode « WHOA »

DYSPHEMIC et KRYPTIK sont en mode « WHOA »
  • Publishednovembre 18, 2025


WHOA frappe comme une pulsation archaïque propulsée dans le futur, un choc culturel où chaque kick semble réveiller une mémoire plus ancienne que le hip-hop lui-même.

WHOA n’a rien d’un simple collaboration rap inetrnationale. C’est une collision parfaitement assumée : la densité basse-freq de Dysphemic, producteur australien habitué à retourner les scènes du monde entier, rencontre la diction feu-follet de Kryptik, rappeur écossais dont les syllabes claquent comme des pierres contre du métal. Entre eux, une troisième présence s’invite — la Grèce, filtrée à travers des motifs traditionnels que Dysphemic tord, distord, et renvoie dans l’espace du boom-bap comme une ombre mélodique impossible à situer dans le temps.

Le morceau s’ouvre avec un grain presque cinématographique. Une tension sourde, un tremblement dans la stéréo, puis cette montée étrange — comme un chant venu d’un autre âge, modulé, granularisé, transformé en texture. Dysphemic connaît le langage de la matière : il sculpte les basses comme un artisan qui polit une pierre sacrée, les laisse vibrer juste sous la peau, jusqu’à ce que Kryptik entre et lacère l’air. Son flow n’avance pas en ligne droite ; il zigzague, ricoche, joue des accents et des syncopes, avec ce mix de lucidité et de fureur dont seuls les rappeurs des climats rugueux ont le secret.

Le groove de WHOA, pourtant ancré dans un boom-bap massif, emprunte au glitch, au dubstep et au DnB cette signature rythmique instable qui semble toujours prête à déraper sans jamais perdre le contrôle. C’est là que le morceau trouve sa personnalité : dans ce refus de rester dans une case. Tout en restant fidèle à la pulsation du hip-hop, Dysphemic injecte ses obsessions — les ruptures imprévues, les fréquences qui se dédoublent, les impacts qui vous retournent le sternum.

Puis survient cette sensation rare : WHOA joue avec la tradition autant qu’avec la modernité, comme si la Grèce antique rencontrait un sound system festivalier, comme si un vieux rituel trouvait soudain un BPM prêt à le faire renaître. Les “embellissements” grecs, transformés en volutes électroniques, apportent une noirceur suave, presque mystique. Kryptik, lui, rappe comme s’il poursuivait une bête invisible dans une ruelle d’Édimbourg.

L’ensemble forme un objet hybride qui revendique son étrangeté. Rien n’est monoculturel, rien n’est sage. WHOA est une expérience : un choc esthétique, un pont entre continents, un morceau qui s’écoute autant qu’il se ressent dans les os.

Avec son clip à venir — déjà annoncé comme massif — et un remix Bass-Hop prêt à retourner les dancefloors les plus intrépides, cette sortie ressemble davantage à un événement qu’à un single. Dysphemic et Kryptik n’additionnent pas leurs forces : ils les métamorphosent. Et WHOA en est la preuve sonore la plus explosive.

Un titre qui risque d’ouvrir plus qu’une collaboration : une brèche. Une manière d’imaginer ce que le hip-hop peut devenir quand il cesse d’imiter et recommence à inventer.

https://www.instagram.com/dysphemic1

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Written By
Extravafrench

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