“Finding Alice glisse comme un sortilège sombre, une quête intérieure où chaque battement ressemble à une porte qu’on pousse sans savoir ce qui attend derrière.”
Je suis restée quelques secondes silencieuse après la première écoute, comme si le morceau avait laissé un parfum dans l’air, un passant fantôme entre deux respirations. Finding Alice n’est pas simplement un titre electro pop : c’est une chambre noire, un territoire où Ana Sky avance en apesanteur, les doigts tremblants sur des néons violets, avec cette manière d’embrasser la fragilité tout en la sculptant en arme.
Ce qui frappe immédiatement, c’est la densité émotionnelle du son. Ana Sky ne cherche pas la noirceur pour la noirceur : elle y glisse un éclat, un scintillement presque douloureux. Sa voix, légèrement brisée par endroits, avance comme un fil tendu : sûre d’elle mais frissonnante, charnelle mais distante. Elle porte la signature typique des artistes qui savent que leurs failles ont plus de force que leurs certitudes. On sent la douleur contenue, la tension contrôlée, cette façon particulière d’effleurer le cri sans jamais y sombrer.
La production d’AC Burrell ajoute une architecture très précise : synthés sombres, pulsations profondes, un travail de textures qui semble gratter la surface du réel. On traverse des couloirs électroniques, des nappes qui oscillent entre menace et caresse, un beat qui se resserre comme un cœur qui rate un battement. Finding Alice s’avance comme un conte moderne, à mi-chemin entre le dark pop de la nuit et l’alt pop des sentiments qui débordent.
On pourrait croire que cette esthétique sombre enferme le morceau, mais c’est l’inverse : elle ouvre une faille. L’arrangement crée un mouvement d’élévation, presque cinématographique, où les lumières s’ouvrent par à-coups. Ana Sky, elle, incarne l’anti-heroïne qu’on suit dans ce labyrinthe : pas une Alicia qui s’émerveille, mais une femme qui cherche, qui chute, qui recommence — une Alice adulte, confrontée à ses miroirs brisés.
Ce qui me touche le plus, c’est la maîtrise du contraste. Un refrain qui se gorge de tension mais ne déborde jamais. Une voix qui s’éclaircit quand la production se resserre. Un paysage sonore qui respire même lorsqu’il semble étouffer. C’est un équilibre fragile, presque dangereux, et Ana Sky le tient avec une élégance rare.
Finding Alice est un fragment de nuit, une quête intérieure, un battement électrique qui fait danser l’ombre au bord de la peau. Un titre qui confirme qu’Ana Sky n’habite pas simplement la pop sombre — elle l’incarne, elle la modèle, elle l’embrase.
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