Un groove qui transpire le soleil, une énergie qui claque comme un sourire trop grand : Somethin Crazy ranime ce que la musique oublie parfois – le plaisir pur, sans masque, sans posture.
Dans cette déflagration funk signée Butter Funk Family, tout semble jaillir d’un endroit où les émotions brûlent plus vite que les idées. Somethin Crazy n’est pas seulement un titre, c’est une manière d’habiter le rythme, de transformer la moindre seconde en impulsion électrique. La rencontre vocale entre Alana Hill et Nic Jackson ouvre un champ magnétique où les voix se frottent, s’escaladent, se répondent comme deux flammes qui se croisent et décident d’embraser la pièce entière.
Le morceau se déploie avec cette science du funk que les BFF portent comme une mission culturelle. Trompettes en fusée, guitare en zigzag, batterie qui claque comme un pas de danse qu’on n’a pas décidé mais qui s’impose. Le morceau respire la “Modern Classic attitude” qu’évoque le groupe : un pied dans l’héritage des seventies, l’autre dans la vivacité des productions actuelles, capables de faire danser un club à Los Angeles comme un festival en Europe ou un bar perdu en Islande.
Ce qui frappe, c’est la physicalité du son. On n’écoute pas Somethin Crazy, on l’absorbe. Le groove dévale les épaules, glisse dans le bassin, finit par réorganiser la respiration. Le duo vocal raconte une émotion qui déborde, un coup de fièvre qui surprend, une connexion qui se construit au rythme d’une basse insoumise. La production de Printz Board — figure majeure du funk contemporain — remplit l’espace avec une précision presque cinématographique : chaque riff, chaque contretemps, chaque ligne de cuivre est pensée pour provoquer ce mouvement involontaire de la tête, ce pli du visage qu’on appelle stank face.
Derrière le jeu, le morceau porte aussi le geste fondateur de Butter Funk Family : réparer la filiation du funk, la rendre tangible, charnelle, vivante. Dans un monde saturé de sons recomposés, échantillonnés, aseptisés, Somethin Crazy rappelle d’où viennent les vibrations : d’un cœur humain, d’une jam, d’une énergie brute partagée en studio comme sur scène.
Le titre s’impose alors comme un manifeste joyeux, une invitation à céder à la folie douce du funk, à renouer avec ce plaisir organique que la musique provoque lorsqu’elle cesse de poser et recommence à vibrer. Une célébration totale du groove, portée par une famille musicale qui sait exactement comment rallumer la lumière intérieure de celles et ceux qui écoutent
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