x
Music Rock

Clinton Belcher sur Save Me From Myself : quand le rock country devient un aveu qui brûle encore

Clinton Belcher sur Save Me From Myself : quand le rock country devient un aveu qui brûle encore
  • Publishednovembre 21, 2025

« On ne se sauve jamais vraiment tout seul. Parfois, on écrit une chanson pour éviter de sombrer davantage — et c’est elle qui vous ramène à la surface. »

Save Me From Myself n’a pas la politesse des morceaux trop polis : il entre comme un aveu lâché trop vite, trop fort, avec cette voix rocailleuse que Clinton Belcher traîne comme une cicatrice. Sa signature Grit & Guitars, héritée autant des saloons fantômes que des autoroutes interminables, prend ici des allures d’exorcisme. On sent qu’il joue non pas pour impressionner, mais pour survivre, comme si chaque accord était un coup de volant pour éviter le ravin.

La production, née dans son home studio en Oklahoma, garde cette rugosité qui fait tout le charme du morceau. Rien n’est lisse, rien n’est maquillé — c’est justement cette absence de vernis qui donne au titre sa puissance. Clinton ne triche pas : sa voix porte le poids d’un homme qui s’est relevé trop de fois, mais qui garde encore le souffle nécessaire pour dire la vérité sans trembler.

Musicalement, Save Me From Myself marche sur une ligne ténue entre rock, country et gospel. Une instrumentation dense, organique, cousue de riffs qui sentent la poussière et les kilomètres, sur laquelle sa voix trouve un espace presque confessionnel. Les influences qu’il revendique — Blake Shelton, Reba McEntire, Jason Crabb — résonnent effectivement, mais ce qui marque le plus, c’est l’esprit Cash/Presley qui plane autour de Belcher : ce mélange hypnotique d’autorité et de vulnérabilité, de gravité et de chaleur.

Le texte avance comme un journal intime dont on n’aurait arraché aucune page : l’aveu des erreurs, la lassitude des illusions, l’espoir encore accroché quelque part dans une poche. On entend la lutte intérieure, la peur de soi-même, la quête de rédemption — ce besoin de trouver un refuge avant que la nuit ne retombe trop lourdement. Le refrain, lui, n’implore pas. Il constate, il s’offre nu, il dit : je suis le premier danger que je dois affronter.

Et c’est là que Clinton Belcher devient plus qu’un storyteller du cœur amer : il rejoint cette tradition américaine du songwriter qui transforme ses failles en route ouverte. Save Me From Myself est un moment de vérité brute, un morceau qui ne cherche pas la perfection mais l’humanité — et c’est exactement pour cela qu’il frappe juste.

Un titre à écouter comme on écoute quelqu’un qu’on aime quand il dit enfin ce qu’il n’avait jamais osé dire. Une confession amplifiée par des guitares qui brûlent, un cri retenu qui trouve enfin de l’air. Un morceau qui ne sauve peut-être pas Clinton, mais qui sauvera sans doute ceux qui s’y reconnaîtront.

Instagram : cebelchermusic

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture