« Parfois, il suffit d’une guitare qui s’égrène dans un garage pour que la vie cesse enfin de crier. »
Il y a des morceaux qui ressemblent à des lettres qu’on s’envoie à soi-même, avec l’encre un peu tremblée mais la vérité intacte. Come Back (When You Feel Like), nouveau single d’Every Other Weekend, appartient précisément à cette famille-là : une chanson qui n’a rien à prouver, qui n’essaie pas d’impressionner, mais qui touche parce qu’elle avance les mains nues.
On imagine Chris Bull, ex-frontman de City Reign, dans le garage de sa mère, entouré du vieux matériel de son père — cette ruine magnifique d’une époque où l’on enregistrait comme on respirait, sans filtre ni calcul. Cette image, loin d’être un cliché romantique, se ressent dans chaque fibre du morceau : les guitares sonnent comme si elles avaient été accordées entre deux éclats de rire, les tambours portent la poussière des jours où l’on cherche encore comment tenir debout. Même la production, volontairement brute, a le charme d’un Polaroid qui n’a pas eu besoin d’être parfait pour devenir essentiel.
Musicalement, Come Back… s’inscrit dans cette tradition britpop tardive, lumineuse mais cabossée, avec des refrains qui donnent l’impression de prendre une grande bouffée d’air frais dans une ruelle pluvieuse. On y entend des échos de Teenage Fanclub, un soupçon de The Coral, et cette honnêteté mancunienne qu’on reconnaît immédiatement : pas de posture, pas de posture… juste un cœur qui essaie de se remettre en marche.
Le texte, lui, touche droit. Chris Bull parle ici d’auto-pardon, de ces moments où l’on s’est perdu sans oser l’admettre. Ce “when you feel like” n’est pas un reproche : c’est une porte ouverte. Une manière de dire à soi-même — ou à quelqu’un de très proche — “tu peux revenir quand tu seras prêt, rien n’a été brisé pour de bon.” Il y a là une maturité nouvelle dans l’écriture, une vulnérabilité assumée qui n’appuie jamais, qui laisse vivre.
Et quand le dernier accord résonne, on comprend ce qu’Every Other Weekend veut vraiment nous dire : la joie, même tenue par un fil, revient toujours. Qu’on l’attende ou non. Qu’on sache l’accueillir ou pas encore.
Come Back (When You Feel Like) n’est pas seulement l’ouverture du futur album All Present and Inept ; c’est le genre de morceau qui remet le monde à une taille humaine. Une chanson qui tombe au bon moment — même si, justement, elle nous apprend que ce n’est jamais vraiment une question de timing.
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