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Still Ruins dévoile « Our Penance » : une élégie sophistipop où l’on se pardonne enfin de rêver

Still Ruins dévoile « Our Penance » : une élégie sophistipop où l’on se pardonne enfin de rêver
  • Publishednovembre 21, 2025

« Il existe des morceaux qui ressemblent à un souvenir qu’on n’a jamais vécu : Our Penance flotte ainsi, comme si quelqu’un reconstituait pour nous la nostalgie d’une époque imaginée — et pourtant intime. »

Il suffit de quelques secondes pour comprendre que Still Ruins ne joue pas dans les marges : le groupe sculpte directement dans cette matière noble et fragile qu’on appelle le temps. Our Penance, extrait d’un EP qui porte le même nom, ranime l’esprit sophistipop des années 80, mais le détourne vers quelque chose de plus trouble, plus moderne, presque spectral. On y retrouve des échos de Tears for Fears, des résurgences de Prefab Sprout, mais aussi ce sens du vide vibrant propre à la dream-pop — une esthétique de la brume où chaque émotion coûte, chaque lumière tremble un peu.

Frankie Soto, Jose Medina et Cyrus Vandenberghe jouent ici avec la sincérité méthodique des artisans de l’ombre. On sent leur exigence dans la façon dont les guitares s’entrecroisent, aériennes sans être vaporeuses ; dans ces nappes synthétiques qui s’étirent comme une route mouillée au crépuscule ; dans la voix, surtout, ce filament de mélancolie qui semble se relever après avoir tout perdu. Our Penance n’est pas une plainte : c’est une confession tenue à bonne distance, un souffle retenu qui finit par céder sous le poids d’un désir d’apaisement.

Il y a, dans la structure du morceau, une tension douce — comme si chaque mesure pesait le pour et le contre avant de s’abandonner à la suivante. Les refrains, délicatement écorchés, ouvrent de petites parenthèses où le pardon semble presque atteignable. Les couplets, eux, s’enferment dans cette pudeur typique des nouvelles vagues, là où l’introspection prend des allures de rituel. Still Ruins ne dramatise jamais : ils suggèrent, ils insinuent, ils déposent les émotions à demi-voix, comme un secret confié au vent.

Et pourtant, malgré sa douceur, Our Penance frappe fort. On y entend la solitude des villes nocturnes, le poids des choix trop longtemps repoussés, cette lente réconciliation avec ce que l’on aurait voulu être. Le morceau a la beauté de ces instants où l’on ne cherche plus à réparer le passé, mais simplement à avancer en portant ce qu’il reste.

Dans un paysage où la nostalgie est souvent utilisée comme un effet, Still Ruins en fait un langage. Our Penance ne rejoue pas les années 80 : il en détourne la grâce pour dire quelque chose de très contemporain, de très intime, de très humain — un morceau pour celles et ceux qui se sentent toujours en léger décalage avec le monde, mais qui continuent malgré tout à tendre la main vers la lumière.

Un titre suspendu, élégant, à la fois discret et monumental. Un pardon qu’on adresse à soi-même en fermant les yeux.

Instagram : stillruins

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Extravafrench

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