« On dirait un souvenir d’été filtré par la nuit londonienne. »
Volcanic Shores revient avec Sweet Sounds, un EP qui agit comme un courant chaud sous une bruine urbaine : ça chuchote, ça ondule, ça pulse doucement, comme si la ville elle-même respirait dans les machines. Le duo y tisse un patchwork délicat où drum & bass feutrée, soul éthérée et groove cinématique s’entrechoquent sans jamais perdre leur ligne d’horizon. Tout sonne à la fois intime et vaste, artisanal et spectral — une forme de chill futuriste né dans une chambre-studio, mais rêvé comme un plan large au-dessus de Shoreditch à 3 h du matin.
L’EP s’ouvre sur Sweet Sounds (edit), un délicat souffle club qui déploie la voix de Noya comme une lueur sur l’eau. Le morceau tient de l’apesanteur maîtrisée : une drum & bass qui ne cherche pas l’excès mais la suspension, héritière des nuits passées à Fabric à absorber les sets d’Andy C, LTJ Bukem ou les vibrations plus récentes de Nia Archives. Volcanic Shores y injecte une douceur presque tactile, comme si chaque mesure voulait retenir le temps avant qu’il ne s’évapore.
La version longue, Sweet Sounds (Organic Mix), laisse davantage respirer la matière : plus chaude, plus organique, plus circulaire aussi. Les textures s’y déploient comme une marche lente à travers une ville vide, où les façades renvoient des reflets liquides. C’est une manière d’offrir une seconde peau au morceau, plus vivante, plus souple, presque sensuelle — une exploration parallèle, un embranchement nocturne.
Le virage s’amorce avec Sitting About (mulling around mix), co-signé avec le bassiste Nick Mee. Là, l’atmosphère s’élargit : on quitte le club pour entrer dans un film contemplatif. Les influences Khruangbin et Nightmares on Wax infusent immédiatement — guitare serpentine, basse moelleuse, groove posé, un tempo qui donne envie de regarder les néons se dissoudre dans les flaques. C’est l’un des sommets du projet, une rêverie instrumentale où la ville et l’océan semblent enfin se rejoindre.
Enfin, l’EP se clôt sur Catch the Wave, toujours avec Nick Mee. Plus solaire, plus ondulant, le titre assume un côté road-movie mental : une basse qui avance comme un phare, des claviers qui s’étirent en volutes, un groove qui attrape le corps avant la tête. C’est le morceau qui porte le mieux le nom du groupe : quelque chose d’éruptif et de calme à la fois, un mouvement continu qui ne force rien mais emporte tout.
Sweet Sounds ressemble à un EP-carte postale venu d’un London tropicalisé, un territoire imaginaire où la drum & bass se fait aquatique et le groove introspectif. Volcanic Shores prouve que la douceur peut aussi être un manifeste sonore — un espace où le club devient cocon, où le beat réconcilie le cœur et la nuit. Une dérive somptueuse, humble, et furieusement addictive.
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